Notice de S. Françoise-du-St-Sacrement, sjm (Françoise Fortin)
« Seigneur, éternel est ton amour! »
(Ps. 137)
Le 27 octobre 2019, pour notre chère sœur Françoise-du-Saint-Sacrement, c’était un jour de bonheur, car elle allait rencontrer Celui après qui elle soupirait depuis longtemps et qui accueillit son épouse bien-aimée avec grande tendresse.
Le papa, M. Donat Fortin, après un essai de vie religieuse, travaille comme
journaliste et traducteur. La maman, dame Jeanne Hallé est une maman dévouée, douce, réservée et d’un oubli d’elle-même extraordinaire. Quatre enfants naîtront
dans ce foyer chrétien. Marie-Laure ne vivra que 10 mois, Paul le seul garçon, Suzanne qui ne vivra que deux jours et Françoise.
Françoise, conçue dans l’amour, est née le 19 juin 1930. Sa naissance ayant eu
lieu 34 jours avant terme, elle pesait 2 livres et demie. Le médecin qui craint pour
sa survie l’a ondoyée. Une cousine de son père, Antonine, prend soin d’elle pendant
un mois. Elle est baptisée le 26 juillet suivant en la paroisse du Sacré-Cœur de Marie à Québec; elle reçoit les noms de Marie, Lucie, Madeleine, FRANÇOISE. À deux mois, elle prend un rhume qui dégénère en pneumonie. Craignant de la perdre, forte de sa foi, la maman applique sur elle une relique des Saints Martyrs canadiens, et la petite Françoise est guérie instantanément. Gloire à Dieu!
Elle continue de grandir et à se développer normalement. Elle reçoit son Jésus pour la première fois le 7 avril 1937, des mains de Mgr Turquetil, o.m.i. missionnaire chez les Inuits. Elle sera confirmée ce même jour.
À 7 ans, c’est le temps d’aller à l’école. Elle avait commencé en mars précédent en vue de sa première communion. Dès septembre, elle passe en 2e année, car son frère Paul lui avait appris à lire et à écrire. Talentueuse, elle se classe parmi les premières.
À 8 ans, sa maman l’invite à prier pour une parente religieuse qui s’en va missionnaire au Japon, disant qu’elle va avoir une belle
place au ciel. De là date une première idée de la vocation religieuse. Elle avoue avoir gardé ça comme un grand secret au fond de
son cœur. En 1942, elle est admise comme enfant de Marie. Cette même année, elle entre chez les Guides; elle cite : « J’aime beaucoup ce mouvement : cela m’aide à prendre confiance en moi en développant mes talents. Je quitte à 14 ans sur un coup de
tête contre le gré de mes parents. Ce que j’ai regretté toute ma vie! » En 1944, elle entre à l’école Léonard, école anglaise catholique, elle y poursuit ses études en vue d’apprendre l’anglais. En 1947, elle termine ses études et travaille dans un bureau. En 1948, elle change d’emploi et travaille pour Bell Canada durant 6 ans.
Françoise, en recherche de sa vocation, est invitée à un pèlerinage à Cap-de-la-Madeleine en 1953. Elle fait la rencontre d’un
Père Oblat qui lui propose un service d’orientation. Après réflexion, elle accepte. D’étape et étape, sa vocation se précise. Invitée à quelques jours de réflexion, elle fait une confiance totale à Marie, et le 7 décembre prend enfin la décision d’entrer chez les
Servantes de Jésus-Marie. Elle note : à la messe de minuit qui ouvrait l’année mariale au sanctuaire, ce soir-là, à côté de la grande hostie, il y en avait une petite. Apprenant ma décision, mon père a été héroïque en acceptant de me laisser partir; cela voulait dire casser maison, tout vendre ou donner et se mettre en chambre. » Notons que la maman était décédée depuis 1952.
Françoise fait son entrée au monastère le 9 juin 1954. Elle dit : « je me suis sentie CHEZ-NOUS! » Elle ne mentionne rien de ses
années de formation. Est-ce qu’il y a eu des épreuves? Elle répond « elles étaient pour la plupart inhérentes à mon tempérament. »
Elle avait écrit un jour : à la maison, à force d’insister, je finissais toujours par avoir la permission de faire tout ce que je voulais. »
Avec la grâce de Dieu, elle dut collaborer en tout à sa propre formation. Le 10 décembre 1954, elle revêt la livrée des Servantes de Jésus-Marie et reçoit le beau nom de sœur Marie-Jeanne du Rosaire. Elle franchit, avec une ferveur renouvelée, toutes les étapes
de la formation et s’engage à une alliance définitive avec le Christ le 10 décembre 1959. Sa vie devient une montée constante dans
la lumière et dans l’amour.
Le 22 octobre 1957, elle reçoit sa première obédience qui la transplante au Nazareth de Shawinigan. Elle y demeure jusqu’au 19 novembre 1962 où elle est rappelée à la maison-mère pour y remplir la charge de première assistante et économe de la maison
du noviciat et assistante de la maîtresse des novices. En servante disponible, elle aura à changer souvent de Nazareth pour y
remplir la fonction d’assistante et secrétaire. Le 27 mai 1995, elle prend un nouveau nom, celui de Françoise-du-Saint-Sacrement.
Dans la vie communautaire, elle est appréciée pour ses talents et nombreuses capacités. Elle est une Servante de Jésus-Marie respectueuse de l’autorité et de ses sœurs, aimable, surnaturelle, délicate, à l’esprit clair et ouvert. Fervente, fidèle adoratrice, âme mariale, sa louange se coule en celle de sa Bonne Maman du ciel. Dans sa soif de sainteté et de perfection, sœur Françoise est exigeante pour elle-même, sa santé en est affectée. Quelques séjours à l’extérieur du monastère l’aideront à stabiliser momentanément sa santé. Elle espère que son difficile cheminement a servi à la Gloire du Bien-Aimé et au soutien de nos chers prêtres. En vraie épouse de Jésus, sœur Françoise porte généreusement jusqu’à la fin la croix qui l’identifie à Celui que son cœur aime.
Le 9 janvier 2009, elle reçoit son obédience pour l’infirmerie communautaire. Elle se révèle une malade docile, joyeuse, attentive
aux malades qui l’entourent.
Les dernières années de sa vie sont une oblation vécue au quotidien sous le regard de Jésus et de Marie. Le 21 octobre, elle est hospitalisée au CHVO de Hull. C’est de là qu’elle répond au Veni de l’Époux le 27 octobre 2019. Elle est âgée de 89 ans, dont 65 ans de fervente vie religieuse.
La liturgie des funérailles est présidée par Mgr Jean-Charles Dufour, aumônier, lundi le 4 novembre 2019. Quelques membres de sa famille, particulièrement son cher frère Paul, ont tenu à lui rendre un dernier hommage. Ses bons amis, M. Marcel et Mme Pauline Caron sont aussi présents. L’inhumation suit immédiatement au Cimetière Notre-Dame, à Gatineau.
Seigneur, ouvre à notre sœur ta maison de lumière et de paix!

