Saint Joseph et l’Église d’hier

1865 – LE CARDINAL NEWMAN

Le cardinal Newman Le grand protestant anglais, Newman (1801-1890), converti au catholicisme, écrivait en 1865 à son ami Pusey, resté protestant :
“Il y avait des saints plus rapprochés de Notre Seigneur que les apôtres et les martyrs; mais comme si ceux-là avaient été perdus dans le rayonnement de sa gloire… pendant longtemps ils furent l’objet de moins d’attention…. Puis, à mesure que succédèrent des temps relativement calmes… se levèrent dans le firmament de l’Église ces astres lumineux, plus importants, plus augustes que tout ce qui les avait précédés, et qui se levaient tard précisément parce qu’ils rayonnaient d’une splendeur particulière… Saint Joseph en est l’exemple le plus frappant… Proclamé saint par l’Évangile, père nourricier de Notre Seigneur, il fut dès le commencement un objet de foi absolue et universelle pour le monde chrétien; et cependant la dévotion envers lui est relativement récente. Quand elle commença, les hommes s’étonnèrent qu’on n’y eût pas songé plus tôt.”
Le cardinal Newman a été déclaré vénérable en 91 par Jean-Paul II. Il a été béatifié par Benoît XVI.

LE 8 DÉC. 1870 : – LE PAPE PIE IX DÉCLARE ST JOSEPH PATRON DE L’EGLISE UNIVERSELLE SA FÊTE SERA FIXÉE AU 19 MARS

Au début de son Pontificat, le 10 décembre 1847 par le décret “Inclytus Patriarcha Joseph” , Pie IX établit la fête et l’office du Patronage de saint Joseph, qu’il fixe au III° dimanche après Pâques. Au cours d’une allocution en 1854, il parle de saint Joseph comme de la plus sûre espérance de l’Eglise après la Sainte Vierge. Enfin, Le 8 décembre 1870, Pie IX déclare officiellement saint Joseph Patron de l’Eglise universelle ; et il élève la fête du 19 mars au rite double de première classe par un décret « Urbi et orbi ».
Pie IX, Pape pour perpétuelle mémoire
Décret « Urbi et orbi » Quemadmodum Deus
De même que Dieu établit le Patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Egypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi, lorsque furent accomplis les temps où l’Eternel allait envoyer sur la terre son Fils unique, pour racheter le monde, il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; il l’établit seigneur et prince de sa maison et de ses biens ; il commit à sa garde ses plus riches trésors. En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu du Saint-Esprit, est né Jésus-Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis. Celui que tant de prophètes et de rois avaient souhaité de voir, non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il le couvrit de baisers ; avec un soin jaloux et une sollicitude sans égale, il nourrit Celui que les fidèles devaient manger comme le pain de l’éternelle vie.
En raison de cette dignité sublime, à laquelle Dieu éleva son très fidèle serviteur, toujours l’Eglise a exalté et honoré saint Joseph d’un culte exceptionnel, quoique inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance. Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Eglise elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle, les vénérables Pasteurs de l’Univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude, ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer saint Joseph Patron de l’Eglise universelle.
Ces prières ayant été renouvelées plus vives et plus instantes durant le saint Concile du Vatican, Notre Saint-Père Pie IX, profondément ému par l’état si lamentable des choses présentes et voulant se mettre, lui et tous les fidèles, sous le très puissant patronage du saint patriarche Joseph, a daigné se rendre aux vœux de tant de vénérables Pontifes.
C’est pourquoi il déclare solennellement saint Joseph Patron de l’Eglise catholique. Sa Sainteté ordonne en même temps que la fête du saint, fixée au 19 mars, soit désormais célébrée sous le rite double de première classe, sans octave toutefois, à cause du saint Carême.
Elle a voulu en outre que la présente déclaration fût faite par décret de la Sacrée Congrégation des Rites, en ce jour consacré à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, épouse du très chaste Joseph, et que ce décret ait force de loi, nonobstant toute opposition ou disposition contraire.
S. Congrégation des Rites, Rome, le 8 décembre 1870

LE 15 AOUT 1889 : LE PAPE LÉON XIII CONSACRE LE MOIS DE MARS A SAINT JOSEPH

Pour la première fois, le pape Léon XIII, dans l’encyclique “Quamquam Pluries” exhortait l’Église à consacrer le mois de mars à saint Joseph. En voici quelques extraits.
«Or, vous connaissez les temps où nous vivons, vénérables frères ; ils ne sont pas beaucoup moins calamiteux pour la religion chrétienne que ceux qui, dans le passé, furent le plus remplis de désastres. Nous voyons s’éteindre dans un grand nombre d’âmes le principe de toutes les vertus chrétiennes, la foi ; la charité se refroidir ; la jeunesse grandir dans la dépravation des mœurs et des opinions ; l’Église de Jésus-Christ attaquée de toute part par la violence et par l’astuce ; une guerre acharnée dirigée contre le souverain pontificat ; les fondements mêmes de la religion ébranlés avec une audace chaque jour croissante. À quel degré on en est descendu, en ces derniers temps, et quels desseins on agite encore, c’est trop connu pour qu’il soit besoin de le dire. Dans une situation si difficile et si malheureuse, les remèdes humains sont insuffisants, et le seul recours est de solliciter de la puissance divine la guérison. (…)
Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s’habitue à invoquer avec une grande piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, mère de Dieu, son très chaste époux, le bienheureux Joseph : agissant ainsi, nous avons la certitude de plaire à la sainte Vierge Marie elle-même et de répondre à son désir. (…)
Au sujet de cette dévotion, dont nous parlons publiquement pour la première fois aujourd’hui, nous savons sans doute que, non seulement le peuple y est incliné, mais qu’elle est déjà établie et en expansion. Nous avons vu, en effet, le culte de saint Joseph que, dans les siècles passés, les pontifes romains s’étaient appliqués à développer peu à peu et à propager, croître et se répandre à notre époque, surtout après que Pie IX, d’heureuse mémoire, notre prédécesseur, eut proclamé, sur la demande d’un grand nombre d’évêques, le très saint Patriarche patron de l’Église catholique. Toutefois, comme il est d’une si haute importance que la vénération envers saint Joseph s’enracine dans les mœurs et dans les institutions catholiques, nous voulons que le peuple chrétien y soit incité avant tout par notre parole et par notre autorité. (…)
C’est une pratique salutaire et des plus louables, établie déjà en quelques pays, de consacrer le mois de mars à honorer, par des exercices de piété quotidiens, le saint Patriarche. Là où cet usage ne pourra pas être facilement établi, il est du moins à souhaiter que, avant le jour de sa fête, dans l’église principale de chaque lieu, un triduum de prières soit célébré. Dans les endroits où le dix-neuf mars, consacré au bienheureux Joseph, n’est pas une fête de précepte, Nous exhortons les fidèles à sanctifier autant que possible ce jour par la piété privée, en l’honneur de leur céleste patron, comme si c’était une fête de précepte. (…)
Donné à Rome près Saint-Pierre, le 15 août 1889, de notre pontificat l’an douzième.

PIE XII DANS UN DOCUMENT PONTIFICAL DU 18 AVRIL 1940, S’ADRESSANT À DE JEUNES ÉPOUX :

XII les incite à tourner leur pensée vers Saint Joseph qui veilla sur la Mère de Jésus. “Ce favori de la confiance divine, qui devait servir comme de voile au double mystère de l’Incarnation du Verbe et de la maternité virginale de Marie, semble, dans sa vie terrestre, pour ainsi dire caché dans l’ombre. Toutefois, les rares et brefs passages où l’Évangile parle de lui, suffisent à montrer quel chef de famille fut Saint Joseph, quel modèle et quel patron spécial il est par conséquent pour vous, jeunes époux.”
En 1955, le pape Pie XII reprit le principe de la fête du travail en instituant la mémoire de saint Joseph artisan et en la fixant au 1er mai de chaque année; saint Joseph est ainsi l’un des saints que l’on fête deux fois dans l’année (19 mars et 1er mai)
En 1956, dans son encyclique Haurietis Aquas sur le Sacré Coeur, Pie XII place Saint Joseph comme témoin privilégié de l’amour du Coeur de Jésus :
30. C’est un amour à la fois humain et divin qui habite le Cœur de Jésus-Christ, après que la Vierge Marie eut prononcé son » Fiat » magnanime et que le Verbe de Dieu, selon les paroles de l’Apôtre : » dit en entrant dans le monde : Vous n’avez voulu ni sacrifice ni oblation, mais vous m’avez formé un corps ; vous n’avez agréé ni holocauste ni sacrifices pour le péché. Alors j’ai dit : » Me voici (car il est question de moi dans le rouleau du livre), je viens, ô Dieu, pour faire votre volonté… C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’oblation que Jésus-Christ a faite, une fois pour toutes, de son propre corps. »
Il était animé du même amour, en parfaite harmonie avec les désirs de sa volonté humaine et l’amour divin, lorsque dans la maison de Nazareth il s’entretenait des choses divines avec sa très douce Mère et Joseph, son père putatif, qu’il secondait laborieusement et avec obéissance dans son métier de charpentier.
Et il était animé de ce triple amour dont Nous avons parlé dans ses continuelles courses apostoliques ; dans les innombrables miracles qu’il accomplissait, ressuscitant les morts ou guérissant des maladies de toutes sortes ; dans ses travaux épuisants ; dans la sueur, la faim, la soif ; dans les veilles au cours desquelles il priait avec beaucoup d’amour son Père céleste ; dans les prières qu’il faisait, dans les paraboles qu’il proposait et expliquait ; dans celles, particulièrement, qui ont trait à la miséricorde, celle de la drachme perdue, de la brebis égarée et du fils prodigue ; c’est dans ces actes et ces paroles, comme le dit saint Grégoire le Grand, que se manifeste le Cœur même de Dieu : » Apprends à connaître le Cœur de Dieu par les paroles de Dieu, afin que tu aspires plus ardemment aux choses éternelles. »

CONCILE VATICAN II

Au début du Concile Vatican II, un évêque de la Yougoslavie, poussé par l’Esprit, s’est levé pour dire que Saint-Joseph a été trop négligé dans l’enseignement de l’église. Et quelle réponse at-il eu? Eclat de rire général! Etait-ce la raison pour laquelle le Conseil œcuménique avait été convoquée?
Et pourtant, l’évêque n’a pas eu à attendre longtemps pour sa réponse. Le jour suivant, le 12 Novembre 1962, le cardinal Cicognani, au nom de Jean XXIII, a déclaré que le Saint-Père a décidé d’introduire le nom de Saint-Joseph dans le canon de la messe.
C’était un geste audacieux pour changer la Prière eucharistique qui n’avait pas été touché depuis le 16ème siècle. Mais bon pape Jean donnait expression de sa propre pensée intime, comme il avait déjà placé le Conseil dans les mains de Saint-Joseph le 19 Mars, 1961 et avait fait en sorte que l’autel dédié à Saint-Joseph, dans la basilique Saint-Pierre était resplendissante de manière à être attrayant pour les catholiques. Surtout, le pape répondait au vœu d’un prêtre dominicain qui mourut saintement en 1869 à l’âge de 37 ans, offrant sa vie que Joseph pourrait envisager sa place dans l’Eglise et en particulier que son nom soit inscrit dans le Canon de la messe.

Autres détails intéressants sur Jean XXIII et sa dévotion à saint Joseph ainsi que le Texte intégral de la
LETTRE APOSTOLIQUE SUR LA PROTECTION DE ST JOSEPH POUR LE CONCILE VATICAN II
Le Pape Jean XXIII sera canonisé le 27 Avril 2014