Mgr J-C. Dufour 9 septembre 2024 – Luc 6, 6-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 septembre 2024 – Luc 6,6-11

 

Si j’avais à donner un titre à donner à cet évangile, ça pourrait être celui-ci :
« la guérison d’un seul rend les autres malades. »

Mais, il faut le reconnaître, ce n’est pas la guérison qui fait problème, c’est la date, c’est le jour du sabbat. Il en a déjà été question samedi dernier. Encore une querelle à propos du sabbat.

L’Évangile commençait en disant : « Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait ».
Une fois encore, on est en désaccord avec Jésus à propos du sabbat. C’est triste, parce que le sabbat évoque le Dieu sauveur qui a délivré son peuple de l’oppression égyptienne et l’entrée dans la terre promise. Le sabbat célèbre la vie reçue, annonce l’entrée du peuple dans le repos et la paix de Dieu.

La libération, c’est au cœur de la mission du Christ.

L’homme a été créé pour le sabbat, pour le jour de Dieu, pour voir le jour de la vie et de la liberté.  Notre Dieu est le Dieu de la vie, il est le Dieu qui sauve de toute aliénation, de toute mort, le Dieu qui nous fait entrer dans son repos.

Ce jour-là, un jour de sabbat, dans la synagogue, dans la maison de Dieu, Jésus voit un homme qui a perdu l’usage de sa main droite. Imaginez tout ce que vous pouvez faire avec votre main droite. Ce jour-là, un jour de sabbat, Jésus envisage la libération de cet homme qui a perdu sa dignité parce qu’il ne peut travailler.

Jésus savait très bien que ses ennemis le guettaient; ils cherchaient à l’accuser pour le faire périr. Quel contraste entre le regard bienveillant du Seigneur et le regard malveillant des chefs religieux !
Jésus cherche la liberté et la vie de l’autre, tandis que ses ennemis visent l’accusation et la mort.

« Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. »

L’homme qui avait la main droite desséchée a dû rester un peu surpris, debout face aux regards des autres. Il était là, avec sa paralysie, sans savoir ce que Jésus allait faire. Et Jésus lui dit : « Étends ta main ». Sur l’ordre de Jésus, l’homme étend la main. Il a eu assez de foi pour poser un geste qu’il n’avait jamais pu faire. Il n’a rien demandé, mais il obéit à la parole de Jésus.

Dans toute la communauté qui est là, il est le seul à faire confiance à Jésus. C’est la joie pour celui qui a accueilli l’amour de Dieu, sa bienveillance.
C’est la fureur pour ceux qui sont restés enfermés dans les ténèbres de leur aveuglement et leur jugement incessant du prochain et de Dieu lui-même.

Ce jour-là, Jésus avait donné tout son sens au sabbat. En redonnant toute sa dignité à un homme paralysé, Jésus rappelle que le sabbat évoquait la libération de l’esclavage et la liberté de la terre promise; on faisait mémoire de la vie reçue, de l’entrée du peuple dans le repos et la paix.
Ainsi en était-il de l’homme à la main droite desséchée.