Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 9 octobre 2023 – Jour de l’Action de grâce – Marc 5, 18-20
Nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Action de grâces, la fête du remerciement, de la reconnaissance, l’occasion de dire merci.
Dire merci du fond du cœur, c’est le plus beau geste de la vie humaine, parce que pour dire merci, il faut apprendre à recevoir, à apprécier le geste de la personne qui donne, lui être redevable. Dire merci c’est garder au cœur la mémoire d’un bienfait reçu.
Une jeune convertie disait qu’en grandissant spirituellement, on s’attache moins aux dons et beaucoup plus au donateur, à Dieu pour tout ce qu’il nous donnait.
Il me semble que c’est à cela que nous invite la liturgie d’aujourd’hui.
Déjà, on le sentait dans la prière d’ouverture : « Seigneur Dieu, tes dons sont admirables et ta bonté est sans limites ». Saint Paul nous disait la même chose dans la 1re lecture : « Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus. »
Et ça se poursuit dans l’évangile : Le possédé avait reçu de Jésus un don incomparable, la délivrance, la liberté, la paix, mais lui aussi s’attache d’abord au donateur. Il suppliait Jésus de pouvoir être avec lui, mais Jésus luit dit : « Annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » « Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer… ce que Jésus avait fait pour lui. »
Pour nous, la fête de l’Action de Grâces est polarisée sur la générosité de la nature, sur la récolte des fleurs, des fruits, des légumes, sur le jeu des couleurs.
Mais aujourd’hui, nous savons que les hommes ont brisé depuis longtemps une relation amoureuse avec la nature en oubliant du même coup, la relation amoureuse qui devrait aussi exister entre eux, ce que l’on voit beaucoup trop dans notre monde
Nous attacher moins aux dons et plus au donateur.
Rendre grâce, c’est avant tout accueillir la vie de Dieu; c’est apprendre à se recevoir soi-même comme un don de Dieu, nous découvrir de plus en plus comme des partenaires, des créatures de Dieu.
En nous levant, chaque matin, il faut apprendre à dire merci à la vie, merci à Dieu.
Il nous faut apprendre à n’être qu’un chant,
qu’un cri d’émerveillement devant la grâce que Dieu nous fait.
Rendre grâce, c’est remporter une victoire
sur le découragement, l’apitoiement sur soi, le doute, l’incrédulité.
Quand on prend le temps de nous rappeler des bontés de Dieu,
on n’a pas de doute, on a l’assurance qu’il va agir encore dans les temps à venir.
Rendre grâce, c’est déclarer au monde que notre Dieu ne peut nous mentir, qu’il est un Père pour nous, un ami, un libérateur.
Rendre grâce, c’est avoir l’assurance de Jésus qui, devant le tombeau de son ami Lazare, nous réserve une surprise en rendant grâce :
« On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » (Jean 11, 41, 42)
Nous avons de multiples raisons de rendre grâce au Seigneur aujourd’hui :
pour le don de la vie, pour les biens dont il nous comble,
pour les joies de l’été qui achève,
pour le don des récoltes, pour les beautés de la création.
Entrons dans l’Action de Grâce par excellence :
Rendant grâce au Seigneur dans cette Eucharistie, car il est la source de tout bien.
