Mgr J-C. Dufour 9 mai 2025 – Jean 6, 52-59

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 mai 2025 – Jean 6, 52-59

 

Connaissez-vous la différence qu’il y a entre un repas et un banquet?

Tantôt, vous allez dîner,  rien de plus normal, vous n’aurez pas besoin d’une invitation, mais pour participer à un banquet, vous aurez besoin d’une invitation.
Chaque jour, Jésus nous invite à un banquet spécialement préparé pour nous. Celui qui nous invite est non seulement celui qui est descendu du ciel, mais il vient nous dire en plus ce qu’il y a au menu de ce banquet : un pain qui est sa chair pour la vie du monde.

C’est quelque chose être invité à un banquet.
Ça veut dire que celui qui nous invite éprouve de la considération pour nous. On se sent important, ça nous donne de la dignité.

Quand on va vous présenter une hostie tantôt en disant « le Corps du Christ », vous allez répondre « Amen ».
Autrement dit, vous allez répondre, c’est bien ça, je me sens privilégié d’être invité à ce banquet par celui qui est descendu du ciel, de pouvoir prendre cette nourriture exceptionnelle,
ce pain qui est la chair du Christ qui me donne sa vie.

Répondre « Amen »  en recevant le Corps du Christ, c’est reconnaître que Jésus nous habite; c’est nous engager à ne pas le garder pour nous tout seul. C’est nous engager à devenir nous-mêmes du pain, nourriture spirituelle et même matérielle pour ceux et celles qui nous entourent.

Quand on a participé à un banquet, on va aimer parler aux autres des personnes qu’on a rencontrées, on va aimer raconter ce qu’il y avait de particulier au menu, décrire ce que nous avons mangé.
Aussi, quand on participe au banquet de l’Eucharistie, on devrait pouvoir dire :
« À ce banquet, j’ai rencontré Jésus, l’être le plus extraordinaire qui soit. »
L’Eucharistie nous engage à annoncer le Christ, pas comme si on voulait l’imposer comme un devoir, mais comme quelqu’un qui nous invite à un banquet désirable, comme quelqu’un qui veut partager sa vie et sa joie.

Quand nous mangeons le pain de l’Eucharistie qui est le Corps du Christ, nous reconnaissons que nous sommes des êtres en train de croître, que nous sommes toujours en train de naître à Jésus. Jean-Baptiste disait à ses disciples une belle parole qu’on peut faire nôtre :

« Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je iminue. » (Jean 3,29-30)