Mgr J-C. Dufour – 9 mai 2022 – « Comme un cerf altéré… » Psaume 42 (41)

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 mai 2022 – « Comme un cerf altéré… » Psaume 42 (41)

 

« Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,
Ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu. »

Un jour, un monsieur dit à une caissière d’un magasin que les masques l’empêchaient de sourire.
Elle répondit : « Monsieur, tout est dans le regard ».
C’est vrai!  Les yeux expriment la joie ou la tristesse, l’intérêt ou l’indifférence, l’attention ou le mépris, la vitalité ou la fatigue, la tendresse ou la dureté.
« On ne voit bien qu’avec le cœur » disait le Petit Prince.
Le regard que nous posons sur les personnes les fait exister ou les abîme.
Le masque qui cache une partie du visage laisse encore nos yeux à découvert, ce qui permet toujours la rencontre.

Tantôt nous avons prié en disant : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu. »

Dans les psaumes, nous exprimons souvent de belles demandes. Exemple :
« Mon âme a soif du Dieu vivant ; quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ? (ps. 41)
Ou encore :
« C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. (ps. 26)
Chercher le visage de Dieu, rechercher sa face, c’est le désir de tout croyant.

Un jour, Moïse a souhaité voir Dieu, mais celui-ci lui a répondu :

« Ma face, personne ne peut la voir sans mourir. »
Mais tout va changer avec Jésus.  Avec lui, Dieu nous montre son visage, un visage qui exprime son amour, sa tendresse, sa présence.
En Jésus, Dieu se révèle tout proche.
Saint Paul dira aux Colossiens : « Le Christ est l’image du Dieu invisible ». (Colossiens 1, 15)

« Tout est dans le regard »,
répondait la jeune caissière à un monsieur qui lui disait qu’un masque cache toujours un sourire.
Dans le regard de Jésus se manifeste toute la bonté de Dieu pour les hommes :
pensons au regard posé sur le jeune homme riche,
sur Pierre qui vient de le trahir,
sur les foules sans berger,
sur les pauvres,
les malades et les exclus.
Que ce regard soit aussi le nôtre pour découvrir en tout homme, en toute femme, quels qu’ils soient, le visage du Dieu d’amour.

Avoir soif de Dieu, le chercher en toutes choses et avant toutes choses, c’est le moteur même de la vie spirituelle.

 « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu ».