Mgr J-C. Dufour-9 juin 2019-Dimanche de la PENTECÔTE «C» ( Jean14,15-16,23b -26 )

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 juin 2019 – Dimanche de la PENTECÔTE  «C»  ( Jean 14,15-16,23b -26 )

 Liturgie des Heures : Temps ordinaire, Semaine II

 

Il y avait une fois un funambule… Quand il était enfant, il avait appris à marcher sur un fil à quelques centimètres du sol. Puis, peu à peu, on élevait le fil, de plus en plus haut. Il progressait rapidement et personne ne se rappelait l’avoir vu tomber. Un jour, le directeur d’un cirque qui éprouvait de grosses difficultés financières offrit au funambule sa première chance. Tous avaient confiance en lui. Il leur demanda : « Êtes-vous certains que je vais réussir ? » Ils répondirent d’un seul cœur : « Oui, nous sommes certains que tu réussiras. »

Le funambule attira de nombreuses foules et réussit à chaque spectacle à franchir facilement la distance. Devant un tel succès, le directeur du cirque alla lui demander s’il accepterait de faire la traversée au-dessus des chutes du Niagara. Et il accepta de relever le défi. Fin prêt, il demanda à ses amis du cirque : « Accepterez-vous ce que je vais maintenant vous proposer ? » « Demande ce que tu veux et nous le ferons. » Il dit : « Je veux faire cette dernière traversée avec une brouette. Qui parmi vous veut y monter pour faire le voyage aller-retour ? »

Personne ne voulut monter…

 

Parfois, nous sommes pleins de belles paroles ! Comme le directeur du cirque, on imagine de beaux projets pour provoquer le succès ! Comme les amis du funambule, nous exprimons notre confiance à ceux et celles qui prennent des responsabilités dans l’Église, qui s’impliquent dans toutes sortes de projets, qui sont témoins de leur foi, mais si on nous demande de faire quelque chose concrètement au nom de l’évangile, nous nous esquivons. On ne veut pas monter dans la brouette ! C’est trop risqué !

 

Si je vous ai raconté cette petite histoire, c’est pour nous aider à comprendre que, comme les apôtres qui vivaient dans la peur au lendemain de Pâques, nous avons besoin de l’Esprit Saint.
Ce n’est pas pour rien que Jésus, en les quittant leur promet de ne pas les laisser orphelins, mais de leur envoyer quelqu’un qui viendra remplir leur vie.
La Pentecôte, ce n’est pas seulement un beau souvenir puisque l’Esprit Saint continue de nous accompagner pour faire jaillir en nous la mémoire vivante de Jésus, pour vivifier en nous la fidélité de notre amour. Comme c’est important en ce moment dans notre monde.

 

Alors que les disciples sont rassemblés, l’Esprit arrive comme un coup de vent nous dit l’évangile, comme coup de vent pour chasser les nuages, pour balayer la peur des disciples, pour ouvrir les portes verrouillées de leur cœur.
Puisse l’Esprit, en cette fête de la Pentecôte, balayer nos cœurs de tout ce qui nous encombre, de tout ce qui nous empêche d’être disponibles à la volonté de Dieu.

 

Et ils virent comme une sorte de feu qui se partageait en langues sur chacun d’eux.
L’Esprit, un feu qui éclaire, qui réchauffe, qui se répand ! On le verra quand les disciples vont parcourir le monde pour allumer dans les cœurs le feu de l’amour qui brûlait en eux. L’Esprit leur donne de se faire comprendre !
Puisse l’Esprit nous guérir de notre mutisme !
Puisse-t-il nous apprendre à prier, à parler, à bavarder avec le Seigneur comme un enfant avec son ami.
Puisse-t-il nous donner le langage du cœur, celui de l’amour fraternel.
Puisse-t-il nous donner le langage de l’accueil, de l’attention à l’autre, du souci de l’autre, autant de gestes qui, souvent, parlent bien plus que des mots.

 

Les gens de ma petite histoire ne voulaient pas embarquer dans la brouette du funambule. Ils manquaient de confiance.
Est-ce que nous manquons de confiance comme eux ?
Croyons-nous vraiment à la Parole de Jésus qui nous promet un Défenseur, de ne pas nous laisser orphelins ?

 

Saint Paul affirmait aux premiers chrétiens « L’Esprit de Dieu habite en vous ! »
Jésus nous dit : « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »
Il y a là toute une invitation à nous mettre à l’écoute de l’Esprit Saint, à être plus attentif à sa présence en nous, plus réceptif à son action, à sa manière de nous faire comprendre l’Évangile.

 

En ce jour qui est le sommet de la fête de Pâques, prions le Seigneur de nous envoyer son Esprit,
Celui qui renouvelle la face de la terre, celle de nos communautés,
de nos cœurs en mettant en nous cette soif de partager notre foi et d’annoncer l’évangile !