Mgr J-C. Dufour – 9 janvier 2022 – Baptême du Seigneur – Matthieu 3,   13-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 janvier 2022 – Baptême du Seigneur – Matthieu 3,   13-17

 

« Après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. »

Jésus priait.  Elle est belle, l’intimité de cette scène.  Elle est mystérieuse, l’intimité de la prière : la Voix du Père reconnaissant et appelant son Fils unique. L’Esprit est donné à Jésus en vue du baptême dont il doit baptiser le monde.
Au moment où il sort de l’eau, une voix disait : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé;  en toi, je trouve ma joie. »
Une vraie déclaration d’amour!  On peut penser au visage d’un enfant qui s’illumine quand on lui dit qu’on l’aime.
On peut voir la lumière et la joie qu’il y a dans le cœur des adolescents quand, pour la première fois, ils entendent un « Je t’aime. »
Le soleil entre dans le cœur des amoureux quand ils se disent qu’ils s’aiment.

Jésus n’oubliera jamais cette déclaration d’amour, jaillie du cœur de son Père.  Une déclaration d’amour qui va l’inspirer tout au long de sa vie,  qui va le réconforter durant les nuits passées en prière,  qui sera son soutien et sa consolation dans les heures difficiles.   Même lorsqu’il éprouvera un sentiment d’abandon sur la croix,  il va encore faire appel à cette déclaration d’amour en disant :  « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »
Se savoir toujours aimé,  quelle force pour aller jusqu’au bout de l’amour !

En célébrant le baptême de Jésus, on ne peut faire autrement que de penser à notre propre baptême.
Nous avons demandé à la Trinité, dans la prière d’ouverture,  « Accorde à tes enfants d’adoption, qui ont reçu la nouvelle naissance de l’eau et de l’Esprit, d’être toujours fidèle à ce qui te plaît. »
Pouvons-nous penser que notre baptême  a aussi été pour nous une véritable déclaration d’amour ?

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé;  en toi, je trouve ma joie. »
Pendant longtemps, les premiers chrétiens ont réfléchi sur cette parole, ils ont mieux compris l’intimité profonde qui existait entre Jésus et son Père.
Quand ces paroles sont dites au sujet de Jésus,  ça ne nous surprend pas !
Mais si c’était à chacun de nous que Dieu venait dire :  « Tu es mon fils, ma fille bien-aimée, tu as tout mon amour »  ça deviendrait des paroles bouleversantes.
Se peut-il que nous soyons aimés d’un pareil amour ?
Se peut-il que Dieu nous fasse une telle déclaration d’amour ?
Lorsque nous avons été baptisés, nous avons bel et bien reçu la même déclaration d’amour de la part de Dieu.
En sommes-nous assez conscients ?
Le croyons-nous vraiment ?
Savons-nous vivre de cet amour ?

Jean-Baptiste dit :  « Il vient celui qui est plus fort que moi.  Je ne suis pas digne de dénouer la courrois de ses sandales. »
Trop d’amour, ça peut faire peur !
Une déclaration d’amour trop ardente, au lieu de rapprocher, risque de provoquer un mouvement de recul.
« Se peut-il que je sois aimé autant ? »
Question angoissante, surtout quand on sait que l’amour dont il est question vient de Dieu.

Question bouleversante !
Dieu est si grand, et moi je suis si petit !  Dieu est si saint, et moi je suis pécheur.  Il m’est arrivé de mal répondre à l’amour que Dieu me porte.
Je n’ai pas toujours été à la hauteur de ce que l’Évangile attend d’un disciple du Christ.
Se peut-il que je sois toujours compté parmi les bien-aimés de Dieu ?
Se peut-il que, malgré tout cela,  Dieu me déclare encore son amour ?

Il n’y a qu’une seule réponse qu’on peut donner à cette question et elle est positive.  « Oui, je suis un fils, une fille bien-aimé (e) de Dieu ».
Non seulement je le suis présentement, mais je  le serai toujours.  Pour la simple raison que Dieu est amour, et qu’il n’est rien d’autre.  Son amour ne peut pas se reprendre ou se dédire…
Saint Jean essayait de le faire comprendre quand il écrivait :  « Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés; il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu.  Et nous le sommes ».
C’est la grande  Bonne Nouvelle que le Christ est venu proclamer.
Vous êtes aimés de Dieu au point d’être ses enfants, ses enfants bien-aimés.
Dieu nous aime plus que tout ce qu’on est capable d’imaginer.