Mgr J-C. Dufour – 9 janvier 2021 – Jean3, 22-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 janvier 2021 – Jean3, 22-30

 

Les chicanes ! Les jalousies !

Depuis les prophètes jusqu’aux apôtres, on voit que le message de la bible passe par des hommes de chair et de sang qui ont parfois des sentiments forts. Vraiment, on peut dire souvent que ce ne sont pas des anges. Ça fait du bien d’entendre ça, parce que c’est encore pareil.

 

Aujourd’hui, nous voyons qu’il y a une discussion entre les disciples de Jean-Baptiste et un Juif au sujet des bains de purification. En effet, comme Jean-Baptiste, Jésus enseigne et baptise en Judée.   Intrigués les disciples de Jean-Baptiste s’en plaignent. Ils vont le trouver et lui disent : « Celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ». Ils trouvent vraiment que Jean-Baptiste ne devrait pas le laisser faire. C’est une façon de lui dire : «  tu vas perde ton prestige ».

 

Ce n’est pas la seule fois qu’on voit ça ! On sait comment Jacques et Jean, les fils de Zébédée, se querelleront pour rester près de Jésus. Même que les autres disciples leur en voudront.

 

Saint Paul écrit aux Corinthiens en leur disant : « On m’a rapporté à votre sujet qu’il y a entre vous des rivalités ». Il y en a qui déclare appartenir à Paul, d’autres à Apollos, d’autres à pierre. Et il leur demande : « ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. »

 

On voit bien que la division est toujours prête à germer.   Je l’ai expérimenté moi-même dans les lieux où j’ai travaillé.

 

Heureusement, ce jour-là, Jean-Baptiste ne se laisse pas prendre au piège, il refuse d’entrer dans une dynamique de rivalité et se réjouit plutôt de la tournure des événements. Il aurait pu se contenter de dire « Laissez-le faire », mais il choisit la vérité et il a l’humilité de reconnaître que Jésus est plus grand que lui : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »   Il refuse d’être mis sur un piédestal ou de faire la une des journaux. Sa joie est uniquement d’être uni à Dieu et d’être à son service.

 

Pour adopter l’attitude de Jean-Baptiste, il faut vraiment être un homme tourné vers Dieu. Son attitude est exemplaire. Il a su faire preuve de détachement ; il a évité de s’attacher au pouvoir. Le succès de Jésus lui porte ombrage, c’est rien pour lui, que la volonté de Dieu soit faite.

 

De son côté, Jésus est toujours resté le Fils, le serviteur, et obéissant à son Père jusqu’à accepter de mourir de comme un malfaiteur.
Nous, les disciples, on ne peut être plus grand que notre maître. Apprenons à découvrir, comme Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes, que notre vocation nous appelle toujours à la joie, à la joie d’être uni à Dieu et d’être à son service.