Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 9 décembre 2022 – Matthieu 11, 16-19
Ce n’est pas souvent qu’on voit Jésus s’interroger à haute voix.
S’il le fait, c’est sans doute qu’il s’agit de quelque chose qui le touche au plus profond du cœur.
On sent aujourd’hui que le cœur du Christ est blessé par la perversité de la nature humaine. Il voit que son cousin, Jean-Baptiste, celui qui est venu lui préparer la route, est accusé et que lui aussi est rejeté par ceux-là même qu’il est venu sauver. Non seulement les deux sont rejetés mais ils le sont pour des raisons complètement opposées l’une à l’autre. On dit de Jean-Baptiste qu’il ne mange ni boit, que c’est un possédé et que le Fils de l’homme est un glouton et un ivrogne.
On a donc une facilité pour voir le mal où il n’y a, pourtant, que de la vertu.
Comment faire pour entrer dans une vraie démarche de conversion?
Pour y arriver, il me semble qu’on a besoin de découvrir la simplicité du cœur.
Et comment faire pour arriver à la simplicité du cœur?
Une des bonnes façons, je pense, c’est de contempler le mystère de Noël qui approche.
Comment ne pas être ému en contemplant cet enfant faible et démuni, reposant sur la paille d’une crèche, un enfant qui est venu nous racheter.
Il y en a qui l’ont regardé avec mépris et qui ont voulu le tuer; d’autres sont passé à côté de lui, complètement indifférents et ignorant sa véritable identité.
D’autres sont entrés en sa présence et lui ont rendu hommage et lui ont offert des cadeaux.
La simplicité du cœur nous permet de saisir que le cœur du Christ bat pour nous, qui que nous soyons.
Elle nous permet de comprendre ce que signifie cet enfant pour la vie des hommes, pour l’histoire de notre pauvre humanité et pour la petite histoire personnelle de chacune de nos âmes?
Avec celui qui vient, il y a un espoir qui commence à grandir et que rien ne pourra arrêter parce qu’il prend racine dans le cœur de Dieu lui-même.
Merci Seigneur pour l’espérance et le sens que tu donnes à nos vies, à chaque vie, merci pour ton amour qui ne connaît pas de limites.
De grandes foules sont allées écouter Jean-Baptiste et Jésus. Il n’y en a pas beaucoup qui ont accepté de se convertir. Et pourtant, depuis toujours, le Seigneur à voulu nous faire découvrir le chemin du bonheur et de la joie.
Le prophète nous en disait quelque chose dans la 1e lecture :
« Si seulement tu avais prêté attention à mes commandements, ta paix serait comme un fleuve, ta justice comme les flots de la mer… »
Jésus constate avec regret qu’on lui a fermé la porte comme à Jean-Baptiste et ce, pour des raisons contradictoires.
Marie et Joseph feront la même expérience dans la nuit de Noël.
Toutes les portes étaient fermées parce que personne n’avait remarqué que la joie annoncée se réalisait devant leurs yeux.
Au lendemain de la fête de l’Immaculée Conception,
demandons à celle qui est toute proche de Dieu,
à Marie qui ne peut rien nous refuser,
de nous aider à garder la porte de nos cœurs
toute grande ouverte à la joie qui vient.
