Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 9 décembre 2019 – (Luc 1,26-38)
SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION
Après la chute, Adam et Ève « entendirent la voix du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour. L’homme et sa femme allèrent se cacher aux regards du Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » (Gen 3,8-9) Il ne faut pas s’imaginer que le Seigneur ne sait pas où se trouve Adam, il sait très bien où il se trouve. Mais il sait surtout qu’il a peur et qu’il se cache parce qu’il a honte. Mais Dieu vient quand même à sa rencontre, et il le fait parler, il le laisse exprimer lui-même son inconduite, sa faute. C’est ensuite que Dieu leur interdit l’accès au jardin d’Eden, mais ça ne veut pas dire Dieu ne rejette pas l’homme et la femme. Disons tout de suite qu’on peut comprendre qu’il agit de la même manière avec nous, il ne nous rejette pas. Il nous permet de nous exprimer, de lui dire où nous en sommes par rapport à lui.
Dieu est bien loin de nous rejeter. Il annonce même à Adam et Ève que de leur descendance surgira une autre femme, investie celle-là de la puissance du Très-Haut et qui écrasera la tête du serpent qui vient de les tromper. « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » (Gen 3,15) Les chrétiens ont vu dans cette image la Vierge Marie qui, en raison de sa pureté initiale, reçoit de Dieu une grâce spéciale pour combattre le mal. Cette nouvelle Ève, Marie, à la différence de la première femme, a compris le projet de Dieu et s’y est soumis dans la foi et l’abandon.
Aujourd’hui, c’est cette grâce particulière, inhabituelle que Marie a reçue, sa conception immaculée, que nous fêtons en Église. Mais pourquoi cette immense faveur? Pour accomplir une mission unique, celle de devenir la mère de Jésus. Cette grâce unique est attribuable à son Fils; Marie est bénie en Jésus; C’est pour mieux l’abriter en son sein que Marie est remplie de l’Esprit Saint. Quand l’ange lui annonce qu’elle sera la mère de Jésus, il lui dit en même temps : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » ( Luc 1,35 Autrement dit, elle vit en ce moment-là une « pentecôte » anticipée.
Le jour de la Pentecôte de l’Église naissance, on se souvient que Marie était là, saint Luc nous le dit dans les Actes des Apôtres : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. » (Actes 1,14) Alors qu’il y a des gens qui sont remplis de stupéfaction devant la Pentecôte et que d’autres pensent que les apôtres sont remplis de vin (Actes 2,12-13), Marie, elle, pourra mieux reconnaître l’Esprit qui l’avait déjà « remplie » au moment de la conception de Jésus.
En célébrant l’Eucharistie, que ces mots de la préface résonnent dans notre cœur : « Cette vierge pure devait nous donner le Sauveur, l’Agneau immaculé qui enlève nos fautes. Choisie entre toutes les femmes, elle intervient en faveur de ton peuple et demeure pour lui l’idéal de la sainteté. »
Choisie entre toutes les femmes, elle intervient en faveur de ton peuple. Par exemple, on dit dans vos constitutions et normes :
La Servante de Jésus Marie « voit en Marie sa Mère, sa Formatrice, son Modèle ; aussi vit-elle dans une union intime avec cette Mère très aimante. Elle apprend, sous sa conduite, à demeurer à l’écoute de l’Esprit-Saint et à méditer la Parole dans son cœur. Par la médiation de la Vierge lui viennent toutes les grâces nécessaires pour vivre fidèlement et généreusement son oblation. » (Constitution et Normes, La Servante de Jésus-Marie, no 5)
