Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 septembre 2023 – Nativité de la Vierge Marie – Matthieu 1, 18-23
Lors de la fête de Saint Augustin, je vous avais livré ce que j’avais appelé une macédoine de beaux textes. Un d’eux avait trait à la bible. Saint Augustin disait :
« Le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, et l’Ancien dévoilé dans le Nouveau. Le Christ est la clef secrète de leur compréhension. » On le voit ce matin. Oui, vraiment, Dieu n’a jamais eu qu’un dessein d’amour pour les hommes. Ainsi, la lecture du prophète Michée, ce matin, porte une promesse à savoir que le plan de Dieu sur l’humanité se réalisera.
Le prophète nous précise le lieu où doit naître le Messie : à Bethléem en Judée. Il annonce celui qui « se dressera et qui sera leur berger par la puissance du Seigneur ». Dans ce berger, la tradition chrétienne a toujours reconnu Jésus, celui qui guidera le peuple de Dieu, qui apportera la sécurité et la paix. En celle que Michée annonce, « celle qui doit enfanter », les évangélistes ont toujours reconnu Marie sans qui la réalisation de la promesse de l’Ancien Testament ne pouvait se réaliser.
On peut dire de Marie qu’elle était une femme attendue depuis longtemps. Dans l’Ancien Testament toujours, on voit que bien des femmes ont marqué l’histoire. Pensons à Sara, Agar, Rachel, Déborah, Anne, Judith et à plusieurs autres, toutes des femmes qui ont vécu en présence de Dieu, qui ont écouté ce qu’il avait à leur dire, qui ont bien répondu à la demande qui leur était faite. Elles ont toutes accepté de participer à l’Alliance, au dessein de Dieu sur le monde. Tous les « oui » à Dieu de ces femmes ont préparé la route pour qu’un jour, Marie puisse porter l’Enfant-Dieu.
Dans ce premier chapitre de son évangile, Matthieu nous annonce la réalisation de la promesse de Dieu; en Jésus, le Messie annoncé par les prophètes prend place dans notre monde.
On voit bien dans l’évangile que nous venons d’écouter que Matthieu s’intéresse surtout à Joseph, à sa réaction devant la grossesse de Marie, à son questionnement bien légitime et, finalement, à son « Oui » de participer lui aussi au projet de l’incarnation de Dieu.
Comme je vais le dire dans la préface, Dieu « Oui, tu as fait des merveilles pour la terre entière… en choisissant ton humble servante pour donner au monde le Sauveur, ton Fils ». Marie a donné ses traits aux visages de Celui qui la dépasse. Pourtant tout se vit à l’intérieur d’un drame.
Marie ne peut pas comprendre ce que Dieu a fait en elle; elle ne peut pas non plus le faire comprendre à Joseph, son époux. Impossible pour elle d’introduire Jésus dans le plan de Dieu. Elle se réfugie dans le silence, un silence que Dieu seul peut lever, et qu’il lèvera pour Joseph.
En célébrant la naissance de Marie aujourd’hui, nous fêtons quelque chose de la condition humaine de Jésus. Marie nous fait connaître les origines de Jésus. Sans son « oui », comme le « oui » de toutes ces femmes qui l’ont précédé, comme celui de son époux, Joseph, avons-le, l’Église n’aurait pas pu exister; Dieu n’aurait pas su se faire l’un des nôtres.
Profitons de la fête de ce jour pour remercier Dieu du don de Marie, et remercions Marie d’avoir coopéré au plan de Dieu pour l’humanité en acceptant d’être celle par qui Il pouvait s’incarner et habiter notre monde.
Comme Marie, nous n’avons pas d’autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s’est posé sur nous. Comme elle, nous n’avons pas d’autre joie, au fond du cœur, que celle d’appartenir à Dieu pour toujours parce qu’Il s’est souvenu de ses promesses, promesses qui cumuleront dans le jubilé du ciel qui durera toute l’éternité. La Vierge Marie est là, elle nous y attend, elle que nous n’aurons jamais cessé de regarder, de chanter et de servir.
