Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 septembre 2022 – Nativité de la Vierge Marie – Matthieu 1, 18-23
Autrefois, on était parfois tenté d’opposer l’Ancien et le Nouveau Testament, mais il ne faut jamais le faire parce que Dieu n’a qu’un seul dessein d’amour pour les hommes. Saint Paul le rappelait aux chrétiens de Rome tentés d’être découragés à cause des difficultés rencontrées. La fête de la nativité de Marie que nous célébrons aujourd’hui s’inscrit au plus haut point dans ce dessein d’amour de Dieu.
Dans l’Ancien Testament, bien des femmes ont marqué l’histoire. On peut penser à Sara, Agar, Rachel, Déborah, Anne, Judith, Élisabeth, et plusieurs autres, toutes des femmes qui ont vécu en présence de Dieu, qui ont écouté ce qu’il avait à leur dire et qui ont bien répondu à la demande qui leur était faite. Elles ont toutes accepté de participer à l’Alliance, au dessein d’amour de Dieu sur le monde. Tous les « OUI » à Dieu de ces femmes ont préparé la route à Marie qui répondra par un « OUI » à l’archange Gabriel, un « OUI » qui conduira à la naissance de l’Enfant-Dieu.
L’extrait du premier chapitre de Matthieu que nous avons ce matin s’inscrit dans le grand projet d’amour de Dieu. Dans ce premier chapitre de son évangile, Matthieu répond à quatre questions :
qui est Jésus ?
Comment est-il venu au monde ?
Où est-il né ?
Pourquoi Nazareth ?
Il nous annonce la réalisation de la promesse de Dieu. En Jésus, le Fils de Marie, le Messie annoncé par les prophètes prend place dans notre monde. Comme le dit Saint Paul : « Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. »
On voit bien dans l’évangile que Matthieu s’intéresse surtout à Joseph, à sa réaction devant la grossesse de Marie, à son questionnement bien légitime et, finalement, à son « Oui », à lui aussi, de participer au projet de l’incarnation de Dieu.
Dieu a fait en Marie ce qui peut le plus enrichir une créature humaine : enfanter le Fils de Dieu, donner les traits de son visage à Celui qui la dépasse.
Pourtant tout se vit à l’intérieur d’un drame. Marie ne peut pas comprendre ce que Dieu a fait en elle ; elle ne peut pas non plus le faire comprendre à Joseph, son époux. Impossible pour elle d’introduire Joseph dans le plan de Dieu. Elle se réfugie dans le silence, un silence que Dieu seul peut lever, et qu’il lèvera pour Joseph.
En célébrant la naissance de Marie aujourd’hui, nous fêtons quelque chose de la condition humaine de Jésus. Marie nous fait connaître les origines de Jésus. Grâce à son « OUI », grâce aux « OUI » de toutes les femmes qui l’ont précédé, comme celui de son époux, Joseph, Dieu n’aurait pas su se faire l’un des nôtres et nous n’aurions pas l’Église.
Profitons de la fête de ce jour pour remercier Dieu du don de Marie, et remercions Marie d’avoir coopéré au plan de Dieu pour l’humanité en acceptant d’être celle par qui il pouvait s’incarner et habiter notre monde.
Comme Marie, nous n’avons pas d’autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s’est posé sur nous.
Comme elle, nous n’avons pas d’autre joie, au fond du cœur, que celle d’appartenir à Dieu pour toujours parce qu’Il s’est souvenu de ses promesses, promesses qui cumuleront dans le jubilé du ciel qui durera toute l’éternité.
La Vierge Marie est là, elle nous y attend, elle que nous n’aurons jamais cessé de regarder, de chanter et de servir.
