Mgr J-C. Dufour – 8 novembre 2020 –  32e dimanche ordinaire – Matthieu 25,1-13

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 novembre 2020 –  32e dimanche ordinaire – Matthieu 25,1-13

 

Chaque dimanche,  nous proclamons notre foi en disant « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant ».   Dans le même sens, nous croyons à  la Parole de Dieu qui ne cesse de nous rappeler que Dieu est amour,  et qu’en Jésus, il a voulu se réconcilier le monde avec lui.   Plus encore,  elle nous rappelle que son seul désir est celui de fiançailles, d’un mariage avec l’humanité,  d’une Alliance nouvelle et éternelle.  C’est de ça qu’il est question dans l’évangile d’aujourd’hui.

 

Il est question de jeunes filles qui attendent l’arrivée de l’époux. Le Seigneur vient à notre rencontre de mille et une manières. Il frappe à la porte de notre conscience, de notre intelligence et de notre cœur, à toute heure du jour, et souvent à l’improviste. Il peut nous donner rendez-vous à travers une personne, la maladie d’un proche, l’écoute d’un ami, un collège de travail, la célébration de l’Eucharistie, à travers le silence et le calme.   Comment nous trouve-t-il quand il arrive ? Est-ce que nous l’attendions ? Nous trouve-t-il en état de veille comme les jeunes filles de l’évangile ?

 

Dans notre monde, on bâtit des villes et on en détruit ; on ouvre des usines et on en ferme ; des gens sont libres ou prisonniers ; des réfugiés trouvent un pays pendant que d’autres ne savent plus quoi attendre ; on vit des joies et des peines. Alors on peut avoir l’impression de tourner en rond, que tout finit par recommencer, que l’histoire se répète ! Les jeunes filles de l’Évangile nous redisent que la vie a un sens, qu’on ne tourne pas en rond, que nous sommes dans l’attente de l’époux, que le Royaume grandit, que Dieu vient à notre rencontre, que la résurrection est à l’œuvre.

 

Si nous sommes dans l’attente comme les jeunes filles de l’évangile, il reste une question qui se pose. Aurons-nous suffisamment d’huile pour garder nos lampes allumées quand l’époux arrivera ? Qu’est-ce que ça veut dire « garder nos lampes allumées » ? Saint Pierre nous le dit dans sa deuxième lettre : « Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ; vous faites bien de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. » (2 Pierre 1,19) Garder nos lampes allumées, ça veut donc dire lire la Parole de Dieu, l’écouter, la méditer, la retenir, la mettre en pratique ; confronter notre vie avec elle, et avoir le souci de la transmettre.

 

Les évangiles regorgent d’exemples de rendez-vous.   Il y a des rendez-vous réussis.    On n’a qu’à penser aux rendez-vous de Pierre, André, Jacques, Jean, des autres apôtres avec Jésus. On pourrait allonger la liste avec d’autres comme Zachée ou la Samaritaine. Malheureusement, il y a les rendez-vous manqués. Et ces rendez-vous manqués où on ne voit pas les conditions préalables à une vraie rencontre. Ça pose question ! Pourquoi ces rendez-vous manqués avec le jeune homme riche, avec Pilate, avec la plupart des pharisiens,  les sadducéens, avec les grands prêtres ?

 

Les jeunes filles sages ne veulent pas partager l’huile qu’elles ont en réserve : ça nous étonne ; on ne trouve pas cela très généreux de leur part. Ce que l’Évangile veut nous faire comprendre, c’est qu’il n’y a personne qui peut faire des choses à notre place.   Il n’y a personne qui peut écouter la Parole de Dieu à notre place, personne qui peut aimer à notre place, personne qui peut croire ou espérer à notre place. Chacun vit sa réponse dans la liberté. L’époux tarde à venir ! le Seigneur est patient ! il donne à chacun et chacune le temps de se préparer à l’accueillir, le temps de nous faire une réserve d’amour.

 

Au cours de cette célébration, prions le Seigneur de nous accorder la vigilance, de cette vigilance qui est comme la tendresse d’une personne qui veille un malade ! De cette vigilance qui est pleine de vie et d’engagements, pleine de petits soins et d’attention pour la visite qui arrive.

 

Alors nous serons tout à la joie, et à la fête quand nous entendrons : « Voici l’Époux ! Sortez à sa rencontre ».