Mgr J-C. Dufour – 8 mars 2021 – Luc4, 24-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 mars 2021 – Luc4, 24-30

 

Jésus fait une première visite dans la synagogue de son village.  Il se lève pour faire la lecture et lit un texte du prophète Isaïe qui parle d’annoncer la bonne Nouvelle aux pauvres, de proclamer la libération des captifs, d’annoncer aux aveugles qu’ils verront la lumière, de proclamer une année de grâce…  En terminant cette lecture, il ajoute :  « Aujourd’hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. »

 

Au début :  « Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. »  Mais ça n’a pas été long.  Tout de suite après, Jésus fait face à l’incrédulité et au scepticisme des siens :  « N’est-ce pas le fils de Joseph? »  Jésus voit bien ce qui se passe,  il est très lucide :  « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. »   Il prend le temps de leur rappeler l’expérience des premiers grands prophètes, Élie et Élisée, qui ont vécu la même expérience que lui.

 

Le prophète Élie vivait à une époque difficile.  Le royaume est conduit par le roi Achaz et son épouse Jézabel, une princesse étrangère, méchante et vicieuse, qui pousse le peuple à se détourner de Dieu.  Elle refuse la parole de Dieu donnée par le prophète.  Menacé, Élie doit s’enfuir.  Il  trouve l’hospitalité en plein territoire syro-phénicien, une région hors d’Israël, symbole des peuples païens, auprès d’une pauvre veuve n’ayant qu’un fils, prête à mourir.

 

Jésus rappelle aussi l’histoire du prophète Élisée, un disciple d’Élie.  En son temps, il y avait un général syrien,  vraiment un ennemi d’Israël,  qui est atteint de la lèpre.    Ce n’était pas un cadeau, le général Naaman. Son armée avait capturé une petite Israélite et l’avait donné à son épouse.   La petite captive l’avertit qu’en Israël, il y a un prophète qui pouvait le guérir. Le général se met en route dans l’espoir d’être guéri.  Après de multiples épreuves et après avoir fait l’épreuve de l’humilité, Naaman est guéri.  Il reconnaît que le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu sur la terre.

 

Avec ses prophètes, on découvre que les choix de Dieu sont surprenants et déconcertants.  L’Esprit du Seigneur ait hors frontière, hors norme.  Païen, étranger, ennemi d’Israël deviennent amis de Dieu, choisi par lui pour manifester sa bienveillance aux hommes. . De quoi nous émerveiller et nous laisser illuminer par la liberté de Dieu.  Cet évangile nous annonce une nouvelle de la plus haute importance :  pour Dieu, il n’y a pas de frontière, pas d’exclus.  Le salut de Dieu est offert à tous, même à ceux qui sont loin de lui.  Nous avons à témoigner de cette nouvelle tout au long de notre vie.

 

C’est justement pour ce témoignage que saint Paul a souffert jusqu’à être enchaîné.  Mais on n’enchaîne pas la Parole de Dieu. Rien ne peut l’arrêter. Par-delà sa condition de prisonnier, il pense d’abord au salut de tous les hommes.   L’apôtre nous appelle à la confiance et à la foi, en ne cessait d’annoncer que là où le péché a abondé, l’amour a surabondé.