Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 Mai 2019 – Catherine-de-Saint-Augustin
( Éphésiens 6, 10-20 )
« Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu »
On voit que saint Paul est capable de faire une catéchèse à partir d’une réalité bien concrète qu’il vit. Il est bien capable de décrire l’équipement de soldat. Sur le bateau qui l’amenait à Rome, on l’avait confié à un centurion de l’armée romaine. Et, une fois à Rome, il avait reçu l’autorisation d’habiter en ville avec le soldat qui le gardait. (Actes 28,16) Il avait eu le loisir d’observer l’équipement de soldat : le ceinturon, la cuirasse, des chaussures à clous de fer, un casque pour protéger sa tête, et une épée.
À partir de l’équipement du soldat, saint Paul décrit l’équipement que le Seigneur donne à ses enfants pour mener leur combat spirituel : le ceinturon de la vérité, la cuirasse de la justice, des chaussures pour le zèle de l’évangile, le bouclier de la foi, le casque du salut, l’épée de la Parole de Dieu, et finalement, le moyen le plus important, la prière.
Un peu surprenant le choix de cette lecture pour la messe en mémoire de la bienheureuse Catherine !
Toute jeune, elle aimait à se mettre en valeur et se faire remarquer. Attirée par les plaisirs sensuels, obsédée par des tentations intérieures, elle avait tout un combat à mener. Elle avait besoin de revêtir toute une armure spirituelle pour lutter contre le mal. Et comme si ce n’était pas encore assez pour elle, elle écrit : « Je me trouvais tout accablée sous la pesanteur intolérable de tant de crimes que je voyais. À Québec, elle prie pour que prenne fin le trafic de l’alcool avec tous les abus qu’il entraîne. »
Dans le petit livret de célébration, on décrit les éléments d’équipement de combat que Dieu lui avait donné :
« Femme de décision et d’action, elle semait la joie et la consolation chez les personnes qu’elle soignait et leur prodiguait sa tendresse. Ses écrits révèlent un solide bon sens, un jugement rigoureux et lucide, de l’ouverture et de la franchise, de la générosité et du désintéressement. Elle est capable de fermeté et de sens critique. »
Elle s’applique à servir les pauvres et à soigner les malades, à les accompagner et à les encourager. Elle s’est tellement dévouée à la cause de la mission de la Nouvelle France qu’elle est reconnue comme cofondatrice de l’Église canadienne.
« Mgr François de Laval a connu la vie intérieure de Catherine, ses épreuves et ses dons exceptionnels. Il lui a rendu tout un témoignage en disant : « Je n’ai pas besoin de choses extraordinaires qui se sont passées en elle pour être convaincu de sa sainteté ; ses véritables vertus me le font parfaitement connaître. »
La meilleure pièce d’équipement dont on peut disposer dans notre armure spirituelle, c’est la prière.
Catherine avait une dévotion à la Vierge Marie, à saint Joseph et à Jean de Brébeuf qui venait d’être martyrisé et qu’elle prend pour modèle. Elle avait une dévotion toute particulière à l’Eucharistie qui était la source principale de sa force contre les tentations.
L’Eucharistie qui a nourri la bienheureuse Catherine vient nous nourrir nous aussi, ce matin, pour raffermir notre charité et de nous disposer à aimer comme le Christ.
