Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 Juin 2019
( Jean 21, 20-25 )
Ce matin, nous avons écouté les dernières pages des Actes des Apôtres et de l’évangile selon Saint Jean ; le temps de Pâques achève.
Pourtant il nous reste bien des questions sans réponse. Comment s’est terminée la vie de Paul ? Le bruit court que le disciple que Jésus aimait ne mourrait pas. Ces questions ne manquent pas d’intérêt, mais elles demeurent sans grande importance quand on prend conscience du message essentiel que nous ont livré les lectures au cours de ces dernières semaines : Jésus est ressuscité ! Les disciples sont prêts à donner leur vie pour en témoigner.
Qu’il s’agisse de Paul, de Pierre ou du disciple bien-aimé, l’essentiel, c’est qu’ils sont allés jusqu’au bout de leur foi au Christ. Ça ne veut pas dire que leur chemin a été facile. Ils se sont montrés parfois peureux et infidèles. Paul a persécuté les disciples de Jésus. Pierre l’a renié trois fois, un des disciples, on croit que c’est saint Jean, s’est enfui vêtu seulement d’un drap quand Jésus a été arrêté. Ils étaient loin d’être parfaits. Jésus n’attendait pas qu’ils le soient ; il connaissait bien trop la fragilité humaine ce qui le mettait à l’abri d’attentes trop rêveuses.
Mais, les trois ont fait l’expérience de Jésus. Paul ne l’a pas connu, ne l’a jamais rencontré, mais il nous raconte son expérience bouleversante de Jésus sur le chemin de Damas. Pierre a connu Jésus et il nous livre, dans ses lettres, son expérience émouvante et touchante de Jésus. Jean a connu Jésus jusqu’au point de reposer sa tête sur sa poitrine. Lui aussi a écrit pour nous son expérience intime avec Jésus. Ces trois piliers de l’Église nous livrent trois expériences de Jésus qui sont bien différentes. On peut se demander laquelle nous rejoint le mieux.
Quand on prend conscience que ces hommes fragiles sont devenus de grands témoins de Jésus, notre cœur se remplit d’espérance. Il n’était pas nécessaire qu’ils soient parfaits pour témoigner de Jésus, l’envoyé de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut.
Comme eux, nous sommes des personnes peureuses et peu fiables, mais nous pouvons toujours nous reprendre et orienter notre vie dans le sens de notre foi.
Dans le dernier verset de son évangile, saint Jean écrit :
« Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. » (Jn 21,25)
Si on prenait la peine aujourd’hui d’écrire toutes nos belles rencontres avec Jésus, il n’y aurait pas assez du monde entier pour contenir nos écrits. Origène qui était un grand penseur biblique va encore un peu plus loin, en disant qu’il s’agit moins du nombre de livres, et bien plus de la vérité que ces livres contiendraient.
J’ai lu que les évangiles ressemblent aux vagues qu’on voit à la surface de la mer qui nous cachent des profondeurs insoupçonnées.
Les évangiles contiennent tout ce qu’il nous faut pour que la Parole nous permette d’atteindre une grandeur d’âme et de cœur.
L’évangile, c’est la toute petite partie visible de ce qui s’est passé dans l’univers, lorsque la mort a été vaincue au travers de la vie de Jésus, son incarnation, sa vie, sa crucifixion, son ensevelissement et sa résurrection.
