Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 juillet 2020 – Matthieu 10,1-7
On peut être un peu mal à l’aise avec les instructions que Jésus donne à ses douze disciples qu’il vient tout juste d’appeler. Il leur donne une mission qui est très restreinte alors que la mission nous apparaît de plus en plus universelle. Pour mieux comprendre, il suffit de faire la différence entre une mission qui nous apparaît restreinte et un objectif clair.
L’objectif de Jésus est très clair. Il vient de choisir ses disciples, ce n’est pas le temps de parcourir le monde. Il veut former un noyau, un noyau qui viendrait à rayonner, à exploser pour appeler les gens à la conversion, un noyau qui devrait, à un moment donné, pouvoir élargir son champ missionnaire. Pas question que ses apôtres se cantonnent à l’intérieur de la maison.
Remarquez que pour former ce noyau, Jésus n’appelle pas n’importe qui à la mission. Il a appelé des gens qui faisaient partie de la communauté, des gens qui lui plaisaient, des gens qui croyaient au Dieu unique, des gens qui étaient familiers avec la Parole de Dieu, avec la prière de la communauté. Qu’est-ce que ceux qui ne connaissent rien de l’alliance, de salut, de la création, peuvent proclamer. On comprend que Jésus avait besoin d’un petit noyau qui venait de l’intérieur.
On peut avoir l’impression d’une restriction quand Jésus dit à ses apôtres : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » Il dit « allez plutôt ». Ces mots indiquent une préférence et non une exclusion. Ça ne veut pas dire forcément de ne pas rencontrer un étranger ou un samaritain. D’ailleurs ce sont des gens qui peuvent quitter leur village et se trouver sur leur route.
Les douze choisis par Jésus nous représentent. Jésus, comme il l’a fait pour eux, il vient à notre rencontre ; comme il l’a fait pour eux, il nous appelle par notre nom soit au cours d’un sacrement comme l’Eucharistie, soit par un témoignage, soit par un événement la vie quotidienne… Il a toujours besoin d’un noyau fort pour appeler les gens à la conversion.
« Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche ». Il nous invite à poser notre regard sur les plus défavorisés, les âmes malmenées par le péché. Notre message est un message de salut, un message de confiance et d’espérance, un message de joie. Il transforme, vivifie. Il est capable de toucher chaque homme au plus profond de son être.
Saint Pierre nous invitait à rendre compte de l’espérance qui nous habite. Nous sommes invités à faire connaître notre joie. Les gens qui gagnent le gros lot sont dans l’euphorie, et pourtant, c’est nous qui avons décroché le gros lot. Ce trésor n’est pas seulement pour nous, il faut le partager, le transmettre, et faire que le plus grand nombre rencontre Dieu et soit heureux.
