Mgr J-C. Dufour-8 décembre 2019 – 2e dimanche de l’Avent «A» (Matthieu3, 1-12)

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 décembre 2019 – 2e dimanche de l’Avent  «A» (Matthieu 3, 1-12)

Thème de l’Avent  :  Grandir dans l’espérance

Liturgie des Heures : Temps de l’Avent, Semaine II

 

Il y a quelqu’un qui a dit : « Les gens sont des cadeaux que le Père a enveloppés pour nous les envoyer. Certains sont magnifiquement enveloppés. Ils sont très attrayants, dès le premier abord. D’autres sont enveloppés de papier très ordinaire. D’autres ont été malmenés par la poste. Mais l’emballage n’est pas le cadeau ! C’est trop  facile de faire l’erreur ! »  Nous savons que ce qui compte le plus au niveau des personnes, c’est le cœur, c’est la vie intérieure qui est invisible pour les yeux.

 

Dans la 1ière lecture, le prophète Isaïe s’adresse à des gens qui en ont assez des rois qu’ils ont connu et qui les ont malmenés souvent. Et comme si ce n’était pas encore assez, ils sont encore menacés par des rois étrangers qui s’approchent avec leur armée pour conquérir le pays. C’est le malheur qui s’en vient. Le prophète veut toucher leur cœur ! Il les invite à tourner leur cœur vers ce Dieu qu’ils connaissent, un Dieu qui a toujours été fidèle à son alliance. Un nouveau roi viendra, un roi selon le cœur de Dieu, un roi rempli de l’Esprit de Dieu, un roi qui fera disparaître l’injustice et la violence, un roi qui viendra bâtir un monde comme Dieu l’a toujours voulu.

 

Même chose dans l’Évangile. Jean-Baptiste veut toucher le cœur de ses auditeurs, en annonçant la venue et la présence de quelqu’un qui est beaucoup plus grand que lui.   Quand il invite ses auditeurs à préparer le chemin du Seigneur, à aplanir la route, il les enjoint de tourner leur cœur vers ce même Dieu, toujours fidèle à son Alliance.   Et quand il voit venir à lui des pharisiens et des sadducéens, vous l’avez remarqué, il ne mâche pas ses mots. Il les connaît. Il sait bien que ce qui compte le plus pour eux, c’est bien plus l’emballage que le cadeau, ce qui est extérieur, ce qui paraît.  Jésus lui-même d’ailleurs s’est fâché avec eux pour les mêmes raisons.   Jean les incite à se situer au niveau du cœur, parce que le royaume de Dieu, c’est d’abord à l’intérieur des personnes que ça se passe ; c’est au niveau du cœur.

 

Il me semble que le message d’Isaïe et de Jean-Baptiste est très pertinent pour nous aussi aujourd’hui !

 

Quand on regarde notre monde, et même notre vie de chaque jour, la vie peut nous apparaître comme bien injuste. Les plus forts sont presque toujours les gagnants ; les plus faibles sont entraînés dans la spirale de la défaite.  Malgré tout nous continuons, pendant le temps de l’Avent, d’annoncer la visite de Dieu, d’un Dieu qui est déjà venu visiter le monde, qui vient encore aujourd’hui et qui reviendra. Nous continuons de dire qu’il est déjà là, tout près de nous, qu’il frappe à notre porte pour entrer chez nous, attendant seulement qu’on lui ouvre notre cœur.

 

Nous continuons de proclamer que Dieu est un Dieu fidèle que, depuis toujours, il est du côté de l’enfant, de l’opprimé, du plus pauvre, qu’il n’acceptera jamais des situations de violence ou d’injustice, qu’Il continuera de venir tant que son royaume ne sera pas achevé, tant qu’il ne sera pas construit à son image et à sa ressemblance. C’est pourquoi nous attendons de la visite, nous attendons que le Seigneur vienne faire du neuf dans notre monde et dans nos vies. Préparer le chemin, aplanir la route, c’est aussi vrai aujourd’hui que ça pouvait l’être il y a 2000 ans.

 

Quand il veut permettre à son champ de recevoir les prochaines semences, le cultivateur commence par le labourer en profondeur. C’est à cela que nous invite le prophète Jean-Baptiste : à labourer les profondeurs notre cœur pour recevoir les semences de Dieu, pour accueillir la Parole de Dieu, pour accueillir Celui qui est la Parole de Dieu.

 

Le Royaume de Dieu, ce n’est jamais au niveau de l’emballage, de ce qui parait, au niveau de l’extérieur qu’il faut le chercher. C’est toujours au niveau du cœur que ça se passe. Depuis qu’on est entré dans le temps de l’Avent, il y a une chose qui m’a frappé dans les célébrations ; presque à chaque jour, on demande au Seigneur de venir changer notre cœur. Je pense que c’est la plus belle chose qu’on peut demander au Seigneur aujourd’hui de venir nous donner un cœur qui sait s’ajuster au cœur de Dieu « à son image et à sa ressemblance »