Mgr J-C. Dufour- 8 août 2020 — Saint Dominique — Matthieu 17,14-10

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 août 2020 — Saint Dominique — Matthieu 17,14-10

 

« En ce temps-là ! » C’est-à-dire après la Transfiguration, Jésus vient de descendre de la montagne avec Pierre, Jacques et Jean. Et voici qu’un homme, tombant à genoux devant lui, vient le supplier de guérir son fils qui a des crises d’épilepsie, ce qui fait qu’il se jette partout. Le pauvre père a d’abord approché les disciples, mais ils ont été incapables de le guérir. Alors Jésus leur reproche leur manque de foi et se demande combien de temps il lui faudra rester avec eux. Il guérit l’enfant. Les disciples lui demandent pourquoi eux n’ont pas réussi. Il leur dit que s’ils avaient de la foi de la grosseur d’une graine de moutarde ils diraient à une montagne de se déplacer et elle se déplacerait. « Rien ne vous sera impossible. »

Ce n’est pas sur la guérison de l’enfant qu’il faut porter attention.   C’est sur l’explication donnée aux disciples qu’il faut porter attention, leur manque de foi. Il faut comprendre que Matthieu s’adresse à la communauté, à l’Église, à nous aujourd’hui.

Jésus vient tout juste de descendre de la montagne où il fut transfiguré. Là on avait aperçu sa gloire ; Jésus était devenu resplendissant. Moïse et Élie sont là qui représentent toute la loi et les prophètes, la nuée qui était signe de la présence de Dieu comme au Sinaï, la voix du Père qui témoigne de son Fils. Tout était là pour annoncer la gloire de Jésus.

Quel contraste avec l’évangile d’aujourd’hui !

Vraiment, on revient à la vie ordinaire, au monde de la foi où le mal fait encore sentir sa présence. Pourtant, Jésus est toujours là et agissant comme le montre la guérison de l’enfant. Jésus laisse entendre que ce monde de la foi continuera quand il ne sera plus présent visiblement. Il ne restera que la foi des disciples, une foi assez puissante puisqu’une seule parcelle a assez de puissance pour transporter une montagne.

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de saint Dominique. On raconte que le pape Innocent III avait vu en songe un homme soutenir la basilique Saint Jean de Latran, symbole de l’ensemble de l’Église menacée de s’écrouler. Il s’agissait de Dominique. Il avait pris conscience des malheurs de l’Église et des besoins nouveaux qu’elle avait. C’est alors qu’il fonda l’Ordre des prêcheurs pour permettre de réfuter les erreurs. Il avait dû affronter un monde de manque de foi comme nous le faisait voir l’évangile aujourd’hui.

Jésus dit à la fin de l’évangile : « Rien ne vous sera impossible ». C’est une invitation à nous tourner vers lui. On hésite peut-être à prononcer cette phrase tellement elle nous semble forte, pourtant elle est très simple et elle répond au désir le plus profond qu’il y a en chacun de nous : vaincre le mal. C’était aussi le désir de saint Dominique. « Rien ne vous sera impossible ». Ce qui est impossible est rendu possible par le Christ qui s’est donné jusqu’à l’extrême. Il y a là de quoi nous donner des forces pour l’éternité.