Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 novembre 2022 – Psaume 26
J’ai choisi aujourd’hui de faire mon homélie sur quelques mots de l’Antienne d’ouverture tirés du psaume 26 : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte? »
« De qui aurais-je crainte? » C’est une parole contre la peur. Il y a toutes sortes de peurs :
peur de manquer d’amour, de sécurité, de reconnaissance.
Peur d’être dépassé, de ne pas être compris, peur d’être pris pour moins que rien.
Peur de la maladie, peur de la mort.
Peur des autres, peur de nous-mêmes,
et il y en a encore bien d’autres.
On ne peut pas y échapper parce que nous sommes faibles, vulnérables, impuissants devant les coups durs de la vie.
Il nous arrive même d’avoir peur de Dieu au point de n’avoir même plus envie de prier, au point de le fuir.
Malgré tout cela, le psalmiste nous rappelle que Dieu est notre lumière, que Dieu est le soutien de notre vie…
Alors, pourquoi vivre dans la peur ?
« De qui aurais-je crainte? »
C’est une invitation à nous convertir, à revenir vers Dieu, à nous souvenir qu’il n’est ni colère ni menace, mais amour et pardon.
Il y a une question qui nous est posée aujourd’hui.
Devant les crises de notre monde, devant les combats que nous devons mener au cours de notre vie, comment réagissons-nous?
Avons-nous peur, sommes-nous effrayés, anxieux ou plein d’assurance comme celui qui a écrit ce psaume attribué au roi David.
À un moment donné, l’Église des débuts a été persécutée et menacée de toutes parts, elle a choisi de se tourner vers Dieu et de le prier. Cette prière nous a été rapporté dans les Actes des Apôtres et se dit ainsi :
« Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces : donne à ceux qui te servent de dire ta parole avec une totale assurance. Étends donc ta main pour que se produisent guérisons, signes et prodiges, par le nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur. » (Actes 4.29)
Je me dis aussi que ce n’est pas pour rien que ces mots font partie de l’antienne d’ouverture, qu’ils sont là au début de la messe.
Ils nous invitent nous aussi à prier pour que notre confiance soit renouvelée.
En commençant cette messe, nous avons été invités à revenir vers le Père, à accueillir la force de sa présence qui change tout, qui donne tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue :
l’amitié, la sollicitude d’un proche, le sourire d’un enfant, la générosité d’un cœur qui s’ouvre, la beauté d’une parole de paix, la fraternité vécue en église, les rencontres humaines qui nous apaisent et nous construisent…
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte? »
