Mgr J-C. Dufour 7 juin 2024 – Le Sacré-Cœur de Jésus – Jean 19, 31-37

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 juin 2024 – Le Sacré-Cœur de Jésus – Jean 19, 31-37

 

Quand on se promène dans votre cour intérieure, on constate tout de suite la présence de deux statues : une statue de la vierge Marie et une statue du Sacré-Cœur de Jésus, ça se comprend facilement, Servantes de Jésus-Marie. Surtout que la fête du Sacré-Cœur fait partie de vos dévotions fondamentales comme je le disais au début de notre célébration. C’est la première fête de la communauté. C’est la fête du très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ qui se prolonge aujourd’hui.

Dans toutes les langues du monde, le mot « cœur » est synonyme d’amour, d’accueil, de tendresse et de miséricorde. Mais, dans la bible, ça signifie encore plus ! Le mot « Cœur » signifie tout ce qui fait notre monde intérieur, notre intelligence, notre volonté, notre affectivité.
En nous disant que « Dieu est amour », la fête d’aujourd’hui nous révèle Dieu dans toute la profondeur de son être. La fête du Sacré-Cœur, c’est Dieu qui, en Jésus, nous révèle son amour dans la profondeur de l’être humain et dans toute sa délicatesse.

Ils sont beaux les mots de Dieu que le prophète Osée nous révélait dans la 1re lecture :
« J’ai aimé Israël dès son enfance, et pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras… Je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joie ; je me penchais vers lui pour le faire manger. »
Pour moi, cette annonce du prophète Osée, suivie de l’évangile qui nous montre Jésus en croix nous fait voir que le Sacré-Cœur est un profond mystère d’amour et d’humilité. C’est bien dans l’humilité et dans l’humanité d’un cœur humain que Dieu fait rayonner son amour.

Saint Jean ne cesse de répéter que « Dieu est amour ».
Cet Amour qui est Dieu nous a été révélé d’une façon concrète tout au long de l’histoire d’Israël à travers des alliances renouées et malgré les infidélités humaines.
Mais c’est en Jésus qu’on en découvre toute la profondeur. Il n’y a rien de plus grand que cet amour qu’on voit en Jésus puisqu’il est l’amour de Dieu. L’amour peut bien faire de belles déclarations, mais il se prouve surtout par des actes.
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15,13)
Le geste extrême de l’amour, Jean nous le décrivait dans l’évangile tantôt. C’est le geste de cet homme innocent qui se laisse librement mettre sur une croix. Et le signe le plus fort de cet amour, c’est son cœur transpercé par la lance d’un soldat « aussitôt, il en sortit de sang et de l’eau. »

Ce que je retiens surtout de cette fête, c’est que le chemin de l’amour est toujours celui de l’abaissement et de l’humilité. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus disait : « le propre de l’amour est de s’abaisser… jusqu’au néant pour le transformer en Feu. »
C’est toute la vie de Jésus. La fête d’aujourd’hui nous dévoile l’humilité du Fils de Dieu qui n’a pas quitté les limites de son humanité pour nous prouver son amour.

Rappelons-nous que c’est Dieu qui nous a aimés le premier.
Laissons jaillir toute notre connaissance, répondons de tout cœur à cet amour. Mettons-nous à l’école de Jésus; faisons en sorte que notre cœur se laisse toucher par la tendresse divine et l’humilité de Dieu. Méditer le Sacré Cœur de Jésus ne peut faire autrement que rendre humble le cœur des enfants de Dieu.

Dans le no 6 de votre constitution, il est écrit :
« La louange eucharistique leur rappelle l’obligation de se sanctifier et de se sacrifier, pour que se réalisent les désirs du Cœur de Jésus. »
C’est bien la raison d’être de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, nous laisser toucher par la profondeur de l’humilité et de l’amour de Dieu manifesté en Jésus pendant toute sa vie et jusque sur la croix.