Mgr J-C. Dufour-7 juillet 2019-14e dimanche ordinaire  «C» Luc10, 1-12.17-20

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 juillet 2019 -14e dimanche ordinaire  «C» ( Luc 10, 1-12.17-20 )

 Liturgie des Heures : Temps ordinaire, Semaine II

 

Il y a 2000 ans, Jésus est venu parmi nous.
Né de la Vierge Marie, il s’est révélé comme le Fils de Dieu. Il est passé sur la terre en faisant le bien ; il faisait parler les muets, entendre les sourds ; il libérait les captifs ; il pardonnait comme personne n’avait pardonné avant lui. Il venait pour nous faire connaître l’intensité de l’amour d’un Dieu tout proche, d’un Dieu qui est source de joie, de consolation, de paix et de miséricorde.
Il a vécu dans un tout petit pays pendant 33 ans. Ce n’est pas long ! Il a parlé pendant trois ans ! Ce n’est presque rien ! Tout aurait pu s’arrêter là et devenir une belle petite histoire à raconter.

 

En commençant sa mission, il s’est entouré de douze apôtres ni savants ni professionnels.
Pourtant, saint Luc vient de nous dire qu’il envoie 72 disciples en mission parce qu’en son temps, on croyait qu’il y avait 72 nations sur la terre. Jésus veut que la Bonne Nouvelle parvienne à toutes les nations, jusqu’aux extrémités du monde. Il le redira en quittant ce monde le jour de l’Ascension : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples. »

 

Et qu’est-ce qu’ils doivent annoncer ? « Que le règne de Dieu est tout proche ! » Ils doivent annoncer non pas un Dieu sévère et justicier, mais un Dieu de tendresse, un Dieu qui console son enfant comme une mère, comme une mère qui veut nous choyer sur ses genoux vient dire Isaïe ; un « Dieu de paix et de miséricorde », nous dit Saint Paul et Jésus disait à ses disciples : « dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord “Paix à cette maison.”
 C’est le message que les disciples d’aujourd’hui doivent continuer d’annoncer.

 

L’Église n’est pas l’Église quand elle se replie sur elle-même, quand elle se réserve pour elle-même la grâce et le salut, quand elle devient une sorte de club privé.
Les croyants se doivent de rendre compte de l’espérance qui les habite, disait saint Pierre.
La mission d’annoncer l’évangile n’est pas réservée aux apôtres, aux experts, à des spécialistes, à ceux qui ont des diplômes, qui connaissent des techniques sophistiquées, mais à toute l’Église, à chacun et chacune des baptisés.

 

À la suite des apôtres, nous sommes des envoyés nous aussi, envoyer pour donner de l’espérance aux pauvres, libérer les captifs, rendre la vue à ceux ou celles qui ne voient pas où ils en sont !
Travailler avec d’autres pour semer la vie, l’amour, la solidarité ! Se faire proche de quelqu’un qui est dans le besoin, de ceux ou celles qui ont besoin de paix, qui ont faim ou soif d’une bonne nouvelle, de se retrouver dans un monde où les choses et la vie ont un sens.

 

“Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.”
La moisson !
Le mot revient deux fois dans cette petite phrase. La moisson, elle arrive quand le grain a bien poussé, quand les champs sont dorés. Elle arrive quelques mois après la semence. Ce n’est pas un petit détail !
Les ouvriers de la moisson viennent récolter le fruit d’un travail qui s’est fait avant eux. Ils ne doivent jamais oublier que quelqu’un d’autre a travaillé avant eux pour semer. Ils ne doivent jamais oublier que Dieu, en Jésus, a semé le bon grain. Ils ne doivent jamais oublier qu’un Autre est à l’œuvre depuis longtemps dans le cœur des hommes pour semer en eux le grain de son amour.
On comprend pourquoi Jésus demande à ses disciples de ne pas s’encombrer de toutes sortes de bagages parce que la réussite de leur mission ne dépend pas seulement de leurs efforts.

 

La moisson continue toujours d’être abondante et il manque toujours des ouvriers.
Ça pourrait bien nous attrister ! Pourtant les textes d’aujourd’hui nous appellent à la joie.
“Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez, soyez pleins d’allégresse”
, disait le prophète. “Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur, fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le” chantait le psalmiste.
Ça paraît contradictoire ! Pourquoi se réjouir ?
Parce que la moisson est abondante, parce les gerbes de blé sont mûrs, parce que les champs sont dorés, parce qu’on devrait se réjouir de pouvoir contribuer à l’œuvre de Dieu, parce qu’il nous est donné de pouvoir actualiser la victoire du Christ sur les forces du mal.

Le prophète Isaïe vient de nous rappeler la promesse de Dieu : “Vous le verrez et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l’herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ces serviteurs.”
C’est dans cette promesse de Dieu que notre joie s’enracine comme on peut le voir chez les disciples que Jésus a envoyé : “Les 72 disciples revinrent tout joyeux.”

Faisons nôtres ces mots de la prière après la communion :
“Comblés d’un si grand bien… fais Seigneur que jamais nous ne cessions de chanter ta louange.”