Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 février 2021 – 5e dimanche ordinaire – Marc1, 29-39
Quand on rencontre quelqu’un et qu’on leur demande : « Comment ça va? »,
on est presque certain d’avoir une réponse qui fait une allusion au travail, et surtout un travail qui paraît exigeant. C’est une constante dans les textes d’aujourd’hui qui nous présentent des personnes qui sont bien occupées.
Dans la première lecture, Job nous dit qu’il voit la vie comme une corvée; il fait des journées de manœuvre comme un esclave. Beaucoup de personnes dans notre monde se reconnaissent dans la situation de Job: des journées de travail interminables, des nuits trop courtes. La vie va trop vite; on n’a pas vraiment le temps d’en profiter. Job réalise qu’il n’y gagne rien, que sa vie est comme un souffle. Des gens, comme Job, se demandent si la vie a un sens.
Et la question devient encore plus sérieuse quand des événements malheureux, imprévisibles surviennent.
On perd rapidement ce que la vie avait procuré.
La deuxième lecture nous présentait aussi quelqu’un de bien occupé: Saint Paul, qui, ajoute à sa tâche d’annoncer l’évangile à toutes les nations, le travail de tisserand pour n’être à la charge de personne. On le voit comme quelqu’un qui n’est pas installé, toujours prêt à se mettre en route parce que l’annonce de l’Évangile est une nécessité qui s’impose à lui.
Il y a une grande différence entre Job et saint Paul; pour saint Paul la vie a un sens. Il a reçu de Seigneur la charge d’annoncer l’Évangile. Il trouve que sa vie a un sens parce qu’elle le conduit à une rencontre. Il ne sait pas quand, mais il est certain de rencontrer un jour Celui qu’il a déjà croisé sur le chemin de Damas.
Finalement, l’Évangile nous fait voir Jésus qui travaille à temps plein. Après sa prédication à la synagogue le jour du sabbat, il se rend dans la maison de Pierre, sans doute pour se reposer un peu. Mais à peine est-il arrivé qu’on lui parle de la belle-mère de Pierre qui fait de la fièvre. Jésus pressent là un appel à sa bonté et guérit la malade.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amène un grand nombre de personnes qui ont besoin de lui. Marc dit même que toute la ville lui amène tous les malades.
Encore là, Jésus qui avait prêché et guéri le jour du sabbat, continue sa mission; il veut aller ailleurs annoncer l’évangile. Pour lui aussi la vie avait un sens: celui d’assumer sa mission jusqu’au bout, une mission qui le conduira au don total de sa vie pour l’humanité, don qui le conduira à trouver la vie pour toujours auprès du Père dans la Résurrection.
Job, Paul, Jésus, étaient tous des personnes bien occupés. C’est un point commun chez les trois. Il y en a un autre: tous les trois étaient des hommes de prière. Tous les trois consacraient du temps à la rencontre du Seigneur dans la prière. Non seulement pratiquaient-ils leur religion en se rassemblant avec d’autres dans la synagogue, mais ils savaient se mettre en communication avec Dieu dans des moments d’intimités.
Job, à bout de souffle, dit dans sa prière « Souviens-toi, Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle. »
Saint Paul priait lui aussi, presque toujours en lien avec sa préoccupation d’annoncer l’évangile. Il dit par exemple : « Comment pourrions-nous assez rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour toute la joie que nous avons à cause de vous devant notre Dieu ? Nous le prions avec ardeur, jour et nuit, pour que nous puissions revoir votre visage et compléter ce qui manque à votre foi. » (1 Thes 3,9-10)
Jésus a porté attention aux malades jusque tard dans la nuit. Et au petit matin, avant l’aube, Jésus s’échappe, il va à l’écart pour un temps de prière, en tout premier lieu, seul avec son Père.
C’est là qu’il nous donne rendez-vous pour le trouver.
C’est là qu’il faut nous trouver nous aussi, comme Job, comme saint Paul, pour le trouver.
C’est là qu’il faut nous trouver nous aussi. Faisant priorité de la prière, de la célébration, de l’adoration et de l’Eucharistie.
