Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 décembre 2022 – Saint Ambroise – Matthieu 11, 28-30
Nous savons tous que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Des fardeaux, il y en a de toutes sortes :
le fardeau du chômage, de la maladie, du harcèlement, de nos soucis, de la solitude.
Le Christ, ce matin, nous parle de joug.
Le joug est une pièce de bois utilisée pour atteler les animaux de trait.
Ainsi, nous pouvons représenter nos fardeaux par l’image de la charrue traînée par les bœufs.
Pourquoi la charrue?
La charrue est là pour retourner la terre et la préparer à accueillir la vie.
Ainsi nos fardeaux !
Ils sont là aussi pour retourner la terre, c’est-à-dire pour nous secouer dans nos habitudes, dans nos routines, pour nous remettre en question.
Mais sur le moment même, on ne voit que la terre retournée, mais pas encore les semences que cette terre peut désormais accueillir.
Nous fêtons aujourd’hui Saint Ambroise.
Quand on regarde sa vie, on voit que le joug est intervenu souvent dans sa vie, que la charrue a retourné souvent la terre de sa vie. En effet, il a connu une histoire unique, sans autre pareille.
Il était un avocat célèbre, si célèbre qu’il devint gouverneur de la province de Milan. C’est alors qu’il découvre Jésus-Christ. Il se prépare au baptême lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque par acclamation du peuple. Élu évêque avant même d’être baptisé. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs sont mouvementées. En 390, l’empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison, saint Ambroise lui refusera l’accès de son église à Milan, exigeant qu’il se soumette d’abord à la pénitence publique de l’Église. L’empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose avait un privilège impérial, celui de communier avec les prêtes dans le sanctuaire, mais ce privilège disparait, il doit désormais communier avec les laïcs.
On dit que saint Augustin épiait les sermons de saint Ambroise en cachette, qu’il écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur, ce qui fait que Saint Augustin dû sa conversion en partie à saint Ambroise.
Le prophète Isaïe avait bien raison de dire : « Les jeunes gens qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles… ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer. »
On comprend qu’en ce jour de fête de Saint Ambroise qui était un évêque admirable, l’Église nous invite à faire nôtre ces mots de la prière d’ouverture :
« Seigneur Dieu… suscite dans ton Église des hommes selon ton cœur, des hommes comme saint Ambroise, qui la gouvernent avec courage et sagesse. »
Faisons nôtre cette prière pour l’Église d’aujourd’hui.
