Mgr J-C. Dufour – 7 décembre 2020 – Saint Ambroise – Luc 5,17-26

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 décembre 2020 – Saint Ambroise – Luc 5,17-26

 

Nous avons lu cet évangile souvent, je ne sais pas combien de fois. Mais nous sommes-nous déjà situés vraiment au cœur de cette scène. Imaginons le moment précis où un paralytique fut présenté à Jésus.

 

Pensez-vous que les gens connaissent Jésus comme le Fils de Dieu, à ce moment-là?  Non!  C’était inconcevable pour eux.  Il le voit bien plus comme un grand maître spirituel, un guérisseur qui passe dans le village. On lui amène des malades, dont cet homme paralysé porté par quatre hommes qui ont défait le toit pour le présenter à Jésus. Et au moment où la civière se trouve devant lui, ce guérisseur, aux yeux des gens, dit : « Homme, tes péchés te sont remis. »  Pas trop difficile d’imaginer la suite. Les gens n’en reviennent pas, ils sont choqués, parce que, pour eux, seul Dieu peut pardonner les péchés.

 

 

Ce n’est pas long qu’ils réagissent : « Mais pour qui se prend-il, celui-là ! Dieu seul peut pardonner. »  Et puis, ils doivent bien se dire : « ce n’est pas pour ça qu’on a amené cet homme paralysé, c’est pour qu’il soit guéri. »  Ils ont envie de dire : « c’est bien beau le pardon, mais va plus loin, guéris-le. » 

 

Alors, il se passe quelque chose de pas mal fascinant. Jésus ne se met pas en colère, il n’entre pas dans une chicane, il connaît trop bien les cœurs. Il leur dit simplement : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Quel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi et, prends ta civière et retourne dans ta maison. »

 

Revenons à l’évangile. Jésus vient de se révéler un peu plus. Il n’est pas un simple guérisseur, il a un pouvoir de pardon. Personne n’avait pu le faire avant lui. Quelle révélation ! Pas étonnant que les gens rendent gloire à Dieu. Non seulement le paralysé est guéri dans son corps, mais aussi dans son âme.

 

Aujourd’hui, on voit encore des gens courir après les miracles, après les guérisons spectaculaires, mais personne ne courre ardemment vers la plus grande guérison, celle de l’âme dans le sacrement du pardon. Pourtant, Jésus est là, il attend. Puissions-nous comme ce paralysé laisser Jésus nous toucher dans notre corps et dans notre âme.