Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 avril 2023 -Vendredi saint
En cherchant à préparer mon homélie pour aujourd’hui, j’ai, bien sûr, commencé par regarder les textes de la célébration.
Je me suis arrêté sur la dernière prière : « Entretiens en nous l’œuvre de la miséricorde. Que notre communion à ce mystère consacre à ton service notre vie tout entière. »
Je me suis arrêté surtout sur le mot « miséricorde ». J’ai trouvé que ce mot revenait souvent pendant le carême. Seulement depuis dimanche dernier, il est revenu quatorze (14) fois.
Et si nous avons fait appel à la miséricorde du Seigneur, il me semble que, du haut de la croix, c’est lui qui fait appel à notre miséricorde.
C’est ce que nous demanderons tantôt : « entretiens en nous l’œuvre de ta miséricorde… consacre à ton service notre vie tout entière ».
Les œuvres de miséricorde sont des actions bienfaisantes que chaque chrétien doit accomplir avec amour pour son prochain en s’efforçant de diminuer ses misères.
Il y a quatorze œuvres de miséricorde : sept (7) œuvres de miséricorde corporelles parce qu’elles se proposent de venir en aide à notre prochain dans ces nécessités corporelles. Je vous les nomme, elles sont faciles à reconnaître puisque présentes dans l’évangile : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts.
Sept (7) autres œuvres de miséricorde spirituelle parce qu’elles se proposent de venir en aide à notre prochain dans ces nécessités spirituelles. Les voici : enseigner les ignorants ; avertir les pécheurs; consoler les affligés; pardonner les offenses; supporter patiemment les personnes ennuyeuses; prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Ces œuvres de miséricorde sont des chemins tangibles pour suivre l’exemple de Jésus et vivre notre vie chrétienne.
En 2015, le pape François nous a demandé de réfléchir sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. C’est une façon, disait-il, de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile. C’est une façon de comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples.
L’Église sait ce dont ses enfants ont besoin pour grandir en bonne santé et forts, de corps et d’esprit. Avec les œuvres de miséricorde, elle nous invite à toujours redécouvrir que le corps et l’âme de nos frères et sœurs ont besoin de soins et que Dieu confie à chacun d’entre nous cette garde attentive.
En adorant le Christ en croix aujourd’hui, souvenons-nous de son appel. Et devant la croix, demandons-lui
« de susciter dans nos cœurs le désir de réconforter à notre tour nos frères et nos sœurs qui souffrent ».
