Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 avril 2021 – mercredi de Pâques – Acte des Apôtres3, 1-10
Je vous propose, ce matin, de regarder l’apôtre Pierre un moment.
On l’imagine la plupart du temps avec les apôtres, et surtout comme leur chef. On oublie qu’il habitait la ville de Capharnaüm, ville de pêcheurs, qu’il en connaissait beaucoup qui allaient à la pêche comme lui. On oublie qu’il était marié et qu’il habitait avec sa belle famille. Il avait sans doute des voisins qui le connaissaient bien. Tout ça pour dire que Pierre était connu de bien du monde.
Il suivait Jésus, il avait renié son maître au chant du coq, il affirmait ne pas le connaître.
Et voilà qu’au grand jour, il ose confesser sa foi en Jésus-Christ. Il dit à un homme infirme de naissance « Au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Tous ces gens qui le connaissaient ont dû se poser bien des questions.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui a pu changer Pierre aussi radicalement ?
Saint Luc nous le dit au débit du livre des Actes des Apôtres : Pierre a connu l’événement de la Pentecôte. L’Esprit de Dieu lui a donné le courage pour devenir témoins du Ressuscité. Là où auparavant la peur le paralysait, le voici désormais transformé en disciple actif, au service de son Maître et, en particulier, pour délivrer d’autres paralysés qui traînent au bord du chemin ou qui sont mis à la porte de la société.
Justement, ce jour-là, en début de l’après-midi, Pierre et Jean montait au Temple pour la prière. On amenait aussi un infirme de naissance à la Porte du Temple pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient.
Ce pauvre homme en avait vu des gens passés. Il avait demandé l’aumône à toutes sortes de monde : des timides, des gens qui aimaient parler, des adeptes du partage et ceux qui aimaient se vanter d’être généreux.
Mais il n’oubliera jamais Pierre et Jean. La main que Pierre lui tendait était vide, complètement vide. Pas la moindre pièce d’argent. Et pourtant, elle était riche cette main tendue, riche d’une force inconnue. D’une force qui l’a mis debout, l’a fait marcher et bondir de joie, lui l’infirme de naissance.
C’était la plus belle surprise, le plus beau cadeau qu’on pouvait lui faire, le don qu’il n’osait même pas espérer, même dans ses rêves les plus fous.
Et comme si ce n’était pas suffisant, le plus grand miracle était celui de sa découverte du Christ, par le nom de celui qui l’avait guéri. C’était la chose la plus importante : sa foi naissante.
Si Pierre a été une surprise pour les gens de son temps, c’est le cas de l’homme infirme et des gens qui avaient assisté à la scène : « Les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé. »
Cet évangile nous dit que le salut de Dieu est en marche, ce salut qui a été inauguré avec le Christ se poursuit dans l’action et la prédication des apôtres jusqu’à aujourd’hui.
Merci, Seigneur, de nous le rappeler.
