Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 7 avril 2020 – Mardi saint – Isaïe 49,1-6
Je m’arrête aujourd’hui à nouveau sur la lecture du prophète Isaïe. Je trouve que la Parole qu’il nous annonce est importante pour nous en cette semaine sainte. Je dirais qu’elle vient nous donner du courage.
Au temps d’Isaïe, la Parole de Dieu qui disait « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur » s’adressait d’abord au peuple d’Israël, le peuple que Dieu avait choisi pour être témoin de son amour.
Puis, avec la venue de Jésus dans notre monde, nous avons compris que cette parole s’appliquait à un titre bien spécial au Christ. Oui, il est celui qui pouvait dire : « le Seigneur m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur », c’est-à-dire pour être témoin de l’amour de Dieu. Cette parole dite à son Fils s’adresse à nous aujourd’hui. Il a voulu que nous soyons serviteurs : « celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (Mt 20,26), « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » (Mt 23,11). « Tu es mon serviteur ». C’est à nous que cette Parole est dite aujourd’hui, à son Église appelée à son tour à être témoin de son amour pour le monde, « pour que son salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ».
En même temps que nous devenons serviteurs, nous recevons l’annonce de notre éminente dignité dans la personne de Jésus. C’est vrai de dire que Jésus le seul Saint, le seul Seigneur. Pourtant, quand saint Paul écrivait aux chrétiens de Corinthe, il les salue avec un immense respect, voyant en eux le peuple saint, ce qui est tout à fait normal à ses yeux puisque les chrétiens portent le nom de Jésus-Christ, le Serviteur de Dieu.
Aussi, entendons aussi les paroles d’Isaïe pour nous-mêmes :
« Tu as du prix à mes yeux » : si on nous juge parfois, le Seigneur nous dit que nous comptons pour lui, qu’un homme, fut-il le plus défiguré de tous, vaut plus que tout l’or du monde.
« Tu es mon serviteur » : tu existes pour servir ma cause ; je t’ai formé dès le sein de ta mère pour que tu épouses ma cause, pour que tu sois mon ami. Pour que tu serves l’avenir de mon Royaume qui est un Royaume de justice et de paix, ce Royaume que je te promets en héritage.
« En toi je me glorifierai » : chaque fois que tu fais quelque chose qui est dans le sens de Dieu, Dieu trouve en toi sa propre joie.
« Le Seigneur est ta force » : chaque fois que tu te rapproches de lui, c’est qui est ta propre force, c’est lui qui est ton espérance, c’est lui qui est ton avenir, c’est lui qui est ta liberté.
« Tu es mon serviteur » : pour relever, pour ramener les rescapés, pour que mon salut arrive partout, pour que tu rassembles et que tu sois un facteur d’unité.
Merci Seigneur, de nous aider à retrouver la paix et la confiance au début de cette semaine sainte. En ce temps difficile, gardons le psaume qui suit à portée de main! Récitons-le souvent en pensant au Christ et aux chrétiens persécutés dans le monde.
