Mgr J-C Dufour-6 octobre 2018-Bse Marie-Rose Durocher-Jean 15, 1-8

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 octobre 2018 – Bse Marie-Rose Durocher

( Jean 15, 1-8 )

 

Une grande dame de chez nous, la bienheureuse Marie-Rose Durocher !

 

Régulièrement, le pape François nous appelle à nous oublier nous-mêmes pour centrer toute notre vie sur le Christ et sur l’évangile. C’est ce que nous voyons dans la bienheureuse Marie-Rose Durocher.

 

Saint Jean nous disait tantôt que l’amour de Dieu, c’était de garder ses commandements, et qu’il ne fallait pas voir là un fardeau. De fait, ils sont tout simples. Il s’agit d’aimer Dieu et son prochain comme soi-même. Mais aussi simples soient-ils, ces commandements sont d’une densité incroyable ; non seulement ils changent la vie du disciple qui aime, mais souvent encore, ils changent la vie de ceux et celles qui sont aimés et qui en arrivent à aimer à leur tour.

 

À juste titre, Marie-Rose Durocher pouvait bien chanter que le Seigneur était son berger comme le psalmiste. Grâce à lui, elle a reposé sa vie sur des prés d’herbe fraîche, agissant toujours comme si rien ne lui manquait.

 

C’est une réalité que nous décrit l’évangile à travers les expressions de Jésus :
« Tout sarment qui est en moi », « Demeurez en moi, comme moi en vous », « celui qui demeure en moi », « Si vous demeurez en moi ».
Marie-Rose Durocher est demeurée dans le Christ et lui en elle ; elle était greffée sur Jésus qui, à son tour, l’a greffée sur les enfants dont elle avait la charge.

 

Marie-Rose Durocher a manifesté son amour de Dieu en gardant ses commandements. Elle a aimé son prochain comme elle-même. Elle s’est dépensée toute entière à la manière de Jésus et à la manière de Saint Paul qui disait aux Corinthiens :
« Et moi, je serai très heureux de dépenser et de me dépenser tout entier pour vous ». (2 Cor. 12,15)
On a dit d’elle qu’elle ressemblait aux tournesols, à ces fleurs qui s’éveillent au lever du soleil et qui le suivent toute la journée pour accueillir la vie et la fécondité. Elle était tout orientée vers Dieu qui, à son tour, l’a orientée vers cette jeunesse qui était sa nourriture quotidienne.

 

Le pape François déclarait qu’une vie qui n’est pas service ne valait pas la peine d’être vécue. Marie-Rose Durocher n’a pas cherché à se servir, mais à servir. On a dit encore d’elle qu’elle fut une grande adoratrice de Dieu parce qu’elle s’est oubliée, qu’elle s’est sacrifiée, qu’elle a vécu avec le minimum. Mgr Bourget dira d’elle : « la charité fut sa vertu favorite. »
C’est ce qui continue d’impressionner chez elle.

 

À plusieurs reprises, le pape Jean-Paul II a rappelé que nous avions un devoir de mémoire, et que ce devoir de mémoire pouvait nous aider à bâtir un avenir meilleur. C’est un devoir de mémoire de nous rappeler cette ambassadrice de la foi auprès des jeunes et de tout ce qu’elle a fait pour annoncer Jésus, pour évangéliser les moins que rien de la société de son temps.

 

Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné cette femme qui, à travers sa Congrégation, continue d’ensemencer l’Évangile dans les cœurs.
Et comme nous le dirons dans la prière après la communion, prions déjà le Seigneur de poursuivre en nous l’œuvre du salut qu’il a entreprise et de le faire
« Jusqu’au jour du Christ ».