Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 mars 2023 – Luc 6, 36-38
Les Sioux ont une prière qui dit : « Que je ne juge jamais quelqu’un avant d’avoir chaussé ses mocassins. »
Cette prière rejoint bien la Parole de Jésus que nous venons d’entendre :
« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ».
Saint Matthieu nous dira des paroles semblables dans son évangile :
« Quoi! Tu regardes la paille dans l’œil de ton frère, et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ».
Toujours dans le même sens, saint Paul écrivait aux Romains :
« Alors toi, pourquoi juger ton frère? … Cessons de nous juger les uns les autres ».
À écouter Jésus, saint Luc, saint Matthieu et saint Paul, on comprend que la question des jugements que nous portons les uns sur les autres est un domaine particulièrement important à travailler.
Ce n’est pas une question facile. Comment vivre sans juger?
On ne peut pas vivre sans observer, écouter, sans donner notre appréciation, c’est-à-dire sans juger.
Et puis, on sait bien qu’un parent, un supérieur, un confesseur, un juge, n’importe qui qui a une responsabilité sur les autres se doit de juger.
Dans l’évangile, ce matin, le commandement de Jésus : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » est immédiatement suivi, comme pour expliquer le sens de ces paroles, par un autre commandement « Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ».
En fait, le fait de juger peut se terminer aussi bien par une condamnation que par une bénédiction.
Ce n’est pas tellement le jugement qu’il faut ôter de notre cœur, mais le venin qui vient de notre jugement, c’est-à-dire la rancune, la condamnation. Ce sont les jugements négatifs qui sont repris et bannis de la parole de Dieu, ceux qui condamnent le pécheur en même temps que le péché, ceux qui visent davantage la punition que la correction du frère.
Rappelons-nous de cette parole du Seigneur : « Donnez et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versées dans le pan de votre vêtement…
Imaginez que quelqu’un remplisse votre sac de farine. On verse la farine à ras bord. Puis on secoue doucement le sac pour que la farine se tasse. Puis on continue à le remplir jusqu’à ce qu’il déborde. Telle est la générosité sans faille de Dieu à notre égard.
Puissions-nous avoir la même attitude envers les autres.
