Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 mai 2024 – St François de Laval – Jean 10, 11-16
En 1659, un navire nommé « Le Sacrifice d’Abraham » quitte La Rochelle, en France. Mgr François de Laval, premier évêque de Québec, en fera partie. Il arrive à Québec le 16 juin 1659. Toute la colonie est sur le quai, ainsi que de nombreux Amérindiens; la ville retentit d’exclamations, du son des cloches et du bruit des canons du fort. La population de la colonie, composée d’environ 2000 personnes, le reçoit sur le quai et de nombreux Hurons sont présents. Le jour même, Mgr de Laval baptise un petit Huron et se rend à la cabane d’un moribond pour lui administrer les derniers sacrements.
Dans l’évangile, Jésus se décrit comme le vrai berger celui qui donne sa vie pour ses brebis, qu’il se met à leur recherche pour qu’elles deviennent un seul troupeau.
Dans la vie de Mgr de Laval, nous pouvons reconnaître qu’il a été un vrai pasteur à la manière de Jésus.
Quelques jours après son arrivée, Marie-de-l’Incarnation écrit à son sujet :
« Je ne dis pas que c’est un saint, ce serait trop dire : mais je dirai avec vérité qu’il vit saintement et en Apôtre. Quoique de haute noblesse, il fait preuve d’une exquise simplicité évangélique qui lui attache les cœurs. »
Par trois fois, il a entrepris la visite de son immense diocèse, de la Gaspésie à l’Outaouais. Il a mis sur pied des institutions d’éducation dont beaucoup ont su déployer une charité constante.
À son époque, des missionnaires Jésuites ont habité parmi des autochtones, jusqu’à donner leur vie.
Marie-de-l’Incarnation avec les sœurs ursulines, enseignent aux jeunes filles alors que Catherine de Saint-Augustin, avec ses sœurs hospitalières prodiguent des soins de santé.
Que leur charité et leur courage pour vivre l’Évangile soient pour nous un exemple à imiter.
Mgr de Laval et ceux qui l’accompagnaient sur le navire « La Sacrifice d’Abraham », dont le père Lallemand et plusieurs prêtres avaient pour but l’annonce de l’évangile. Ils se sentaient sans doute appelés par les mots de saint Paul dans la première lecture :
« Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal,
fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire ».
Et un peu plus loin, saint Paul ajoute :
« Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance,
fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. »
Mgr de Laval mène une vie très austère.
Au séminaire qu’il avait fondé, il ne s’est réservé que quelques pièces où il vit sans chauffage. Il est d’une fidélité remarquable à ses pratiques d’oraison, à la visite des pauvres et des malades. Sa porte est toujours ouverte pour ses prêtres. Il s’acquitte scrupuleusement de ses devoirs d’évêque, aussi bien auprès des fidèles que des religieux. Il fut l’ami des grands et des petits, des Indiens et des Français, des gouverneurs de Québec, des fondateurs de Montréal et de Trois-Rivières.
Pas étonnant que dans la prière après la communion, nous demandons au Seigneur,
qu’à l’exemple de saint François de Laval,
nous consacrions notre vie à faire connaître l’évangile,
que nous sachions en témoigner partout, de la bouche et du cœur.
