Mgr J-C. Dufour-6 mai 2019-St François de Laval-Timothée4, 1-5

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 Mai 2019 – St François de Laval

 ( Timothée 4, 1-5 )

 

Je m’arrête, ce matin, aux recommandations que saint Paul adresse à Timothée : « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage toujours avec patience et souci d’instruire mais en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère. »

 

Comment ne pas reconnaître Jésus dans ces recommandations de saint Paul?
C’est lui le premier évangélisateur, le pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Saint Luc commençait déjà à nous le faire comprendre quand il nous raconte que Jésus avait essuyé tout un échec dans la synagogue de Nazareth. Il était venu pour donner une maison aux sans-abri, donner du pain aux affamés, la liberté aux prisonniers que sons sommes. Ce Jésus-là, les gens l’ont mené « jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. » On a même l’impression que saint Luc nous présente Jésus comme un évangélisateur manqué qui accomplira jusqu’au bout son ministère, la mission que le Père lui a confiée.

 

Il ne faut pas penser que c’est une exception, un cas isolé. Saint Luc encore, a pris soin d’écrire un deuxième livre pour nous donner toute une série d’exemples d’évangélisation à la suite de Jésus dans l’Église primitive.

 

Ces jeunes évangélisateurs qui étaient alors les apôtres ont su eux aussi poursuivre leur ministère jusqu’au bout, dans des temps de persécutions, persécution des Juifs d’abord, celle des Romains par après. Saint Paul lui-même en savait quelque chose. Ce n’est pas de l’histoire ancienne! Il y a toujours des gens qui accomplissent leur ministère jusqu’au bout, surtout dans les pays qui connaissent la persécution comme il n’y en a jamais eu.

 

Aujourd’hui nous fêtons un saint de chez nous, saint François de Laval, père de l’Église du Canada.
Lui aussi a accompli son ministère jusqu’au bout. Il s’est heurté avec l’autorité civile; il a eu des ennuis avec les gouverneurs en s’opposant au trafic de l’eau-de-vie avec les Amérindiens, source de revenus pour la colonie, mais aussi cause de meurtres, de viol et de violence.

 

Il propage à Québec sa grande dévotion à Marie, à la Sainte Famille et aux saints anges. Pour assurer la formation des prêtres, il fonde le grand-séminaire de Québec; il ouvre un petit séminaire et une école d’art et métier. Il voyait le Christ dans les pauvres, les malades et les enfants abandonnés. À la fin de sa vie, il se désapproprie de ses titres et de ses biens qu’il donne en entier au Séminaire de Québec.
Marie de l’Incarnation dira de lui : « Il donne tout et vit en pauvre, et l’on peut dire qu’il a l’esprit de pauvreté. »
Il a vécu son ministère comme le bon pasteur jusqu’au bout.

 

C’est la grâce que nous demandons dans notre prière ce matin, d’accomplir notre mission jusqu’au bout, notre mission de baptisés, notre mission de religieuses, notre mission de prêtre.
Dans la prière d’ouverture, nous avons demandé au Seigneur de nous accorder « d’accomplir l’œuvre missionnaire que nous devons faire comme chrétiens. »
Dans la prière après la communion, nous demanderons la grâce de témoigner, de bouche et de cœur, de la vérité de la foi.