Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 juillet 2020 – Matthieu 9,18-26
Le texte de méditation dans le Prions en Église dit : « Saint Augustin disait que Dieu est plus près de nous que nous ne pouvons l’imaginer. » On le voit bien dans l’évangile d’aujourd’hui.
Samedi dernier, Jésus faisait toute une révélation aux disciples de Jean-Baptiste en leur disant qu’il est l’époux que les prophètes avaient annoncé. Ensuite, il aimait dire qu’on ne coud pas un vieux vêtement sur une pièce neuve, et qu’on met le vin nouveau dans des outres neuves. Le vin nouveau, le sang du Christ, on ne peut le recevoir que dans des outres neuves.
Aujourd’hui on est témoin des deux demandes, celle d’un notable et celle d’une femme. Ces deux demandes sont accompagnées d’une foi totale, d’une confiance absolue à Jésus. On le voit dans la prière du père : « Ma fille est morte à l’instant : mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » La demande de la femme est tout aussi forte : « Si je parviens seulement à toucher la frange de son vêtement, je serai sauvée ». Suite à ces deux demandes, Jésus nous donne deux exemples, dans des gestes concrets, de qu’il vient faire de nouveau. Il vient se manifester comme quelqu’un qui se fait proche d’une femme et d’une jeune fille.
D’abord la femme ! Saint Marc donnait plus de détails sur sa condition : elle avait beaucoup souffert, elle avait vu beaucoup de médecins, elle s’était ruinée, elle n’était pas soulagée, son état empirait à chaque visite. Jésus est surpris par l’audace de cette femme, légalement impur à cause de sa perte de vie. Dans une obéissance de foi, elle franchit l’interdit, et touche la frange de son vêtement.
Vous êtes-vous déjà demandé ce que c’était la frange de son vêtement? C’était un cordon bleu, une frange qui était mise au bord du vêtement pour qu’on se souvienne de la Parole de Dieu, de ses promesses. Chaque fois que quelqu’un voyait les bords du vêtement des autres, il se souvenait. Ça signifie que lorsqu’elle toucha le bord du vêtement de Jésus, elle touchait la Parole, les promesses de Dieu, se souvenant qu’une des promesses était que l’Éternel, que Dieu qui guérit. Jésus se retourne et lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée ! »
Il se lève, suit le notable là où il l’emmène. Il voit et met dehors ceux qui se devaient d’être là pour pleurer une morte en leur disant : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort ». « Il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. » L’enfant endormie renaît transformée. C’est une jeune fille capable de recevoir et de transmettre la vie.
La femme est désaltérée d’un vin nouveau, la vie nouvelle coule à flot pour la jeune fille. Jésus met l’auditoire dans une abondance de joie. La vie jaillit. Pourquoi ? Parce que Dieu est plus proche qu’on le pense comme disait Saint Augustin ; il a revêtu la femme et la jeune fille d’un vêtement neuf, c’est-à-dire d’une vie nouvelle, il a mis le vin nouveau, sa vie à lui, dans les outres neuves.
