Mgr J-C. Dufour-6 juillet 2019-Matthieu9, 14-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 Juillet 2019

( Matthieu 9, 14-17 )

 

« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux? »

Les petites paraboles de Jésus que nous venons d’entendre ne sont pas faciles à comprendre sur le coup. Il faut prendre de temps de les situer, de s’y arrêter, de les méditer, parce qu’elles sont très riches.
Pour ce matin, je m’arrête seulement à la première qui est la réponse de Jésus aux disciples de Jean-Baptiste.

 

Matthieu nous avait dit au début de l’évangile que Jean-Baptiste « avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. » (Mt 3,4)
Alors, on peut comprendre que ses disciples, en vivant avec lui, avaient appris les valeurs de la mortification et du renoncement, qu’ils partageaient sa manière de vivre dans l’austérité et le jeûne.

 

Mais, quand ils ont entendu Jean-Baptiste leur déclarer, en voyant Jésus venir vers lui, « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », ils se mis à observer Jésus, à lui porter une plus grande attention, et parfois même à le suivre. (Jn 1,40)

 

Ce qui étonne les disciples de Jean, ce qui les surprend et peut-être même les scandalise, c’est de voir que les disciples de Jésus ne sont pas comme eux. Ils ne sont pas portés au jeûne, à la mortification et puis, Jésus ne leur adresse aucun reproche. Alors surgit leur question : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » La réponse de Jésus est immédiate : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? »

 

Ainsi Jésus cherche à leur faire comprendre qu’il est l’Époux annoncé par les prophètes, qu’il est venu, au nom même de Dieu, établir avec l’humanité une alliance nouvelle et éternelle. Si le Seigneur est là en personne, au milieu de son peuple, c’est que l’heure des noces est arrivée pour tous ceux et celles qui veulent marcher à sa suite. C’est l’heure du banquet, ils peuvent se nourrir du pain de la Parole, de la coupe de bénédiction dira saint Paul aux Corinthiens.
Le premier signe que Jésus a fait, aux noces de Cana, était très révélateur à ce sujet. Avec Jésus, c’est le temps de la noce, le vin coule en abondance.

 

Que pouvons-nous retenir de cette première petite parabole ?
Jésus vient nous dire que la rencontre de Dieu est toujours une invitation au banquet de noces, une invitation à communier à son amour, à entrer en alliance.
Ce n’est pas pour rien que plusieurs des paraboles de Jésus sur le Royaume sont des paraboles de festin. Pas plus tard que dans l’évangile d’hier, on voyait Jésus à table, mangeant et buvant avec tout un chacun comme on pouvait le voir hier manger avec les publicains et les pécheurs pour leur annoncer à eux aussi la gratuité de l’amour de Dieu.

 

Ainsi, ce matin, la table du banquet est prête, dressée pour nous chaque jour.
Jésus est déjà là ! Il nous invite à manger et à boire comme au banquet de noces, pour célébrer cette alliance nouvelle et éternelle qui vient nous rejoindre au cœur de nos vies.