Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 décembre 2021 – Luc 5, 17-26
« Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de notre Dieu. »
Le démon en est venu à tromper l’homme et la femme, à les faire douter du projet de Dieu et à le trahir.
Alors la mort, la maladie et la souffrance sont entrées dans le monde. Le cœur de l’homme a été profondément blessé. La création a été profondément meurtri.
C’était une victoire mais cette victoire appelait une revanche de notre Dieu. Dieu ne va pas abandonner son projet ni se décourager de l’homme
La première lecture décrivait la revanche de notre Dieu. « Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose… L’eau jaillira du désert… la terre brûlante se changera en lac… Là, il n’y aura pas de lion, aucune bête féroce ne surgira. Alors se dessilleront les yeux des aveugles et s’ouvriront les oreilles des sourds, Alors le boiteux bondira comme le cerf, et la bouche du muet criera de joie. »
C’est ainsi que Dieu prendra sa revanche. « Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent. Ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. »
Dans ce monde sombre, qui se pose tant de questions sur son avenir, la foi nous invite à l’espérance.
En ces temps pessimistes, il faut plus que jamais repérer des sources de lumière.
Même chose dans l’évangile. D’habitude, avec cet évangile on parle de Jésus, de quatre porteurs qui défont un toit, du paralysé.
Je vous ai souvent dit qu’on n’a jamais fini de découvrir l’évangile. Aujourd’hui, j’ai été frappé par le début.
Saint Luc nous dit : « il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem. » Comme on dit, il y avait du monde à messe, tellement que pas moyen de faire entrer le paralysé et de le mettre devant Jésus.
À la fin de l’évangile, saint Luc nous dit encore : « tous, (je comprends aussi les pharisiens et les docteurs de la Loi) furent saisis de stupeur. »
Les pharisiens et les docteurs de la Loi, disait le pape François, avaient oublié la gratuité du salut, la proximité de Dieu et la miséricorde de Dieu.
Pas étonnant qu’ils aient été saisis de stupeur. Ils ont vu que Dieu, en Jésus, prenait sa revanche. Ils ont vu la gratuité du salut manifestée en Jésus, la miséricorde de Dieu qu’ils avaient oubliée.
Le pauvre homme n’a rien demandé et pourtant, grâce à la foi des porteurs, il s’est vu non seulement pardonné mais guéri physiquement. Ils ont vu comment Dieu était proche de lui, comment il avait fait une créature neuve lui jusqu’à lui dire : « lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »
Pauvre homme, j’imagine que c’est la première fois de sa vie qu’il prenait sa civière dans ses bras.
Tous ont été témoin qu’en Jésus, Dieu venait faire des choses nouvelles.
En rebâtissant un homme à neuf, il nous lançait tout un message d’espoir. La guérison faite par Jésus peut être vue comme une réalisation concrète de ce qu’Isaïe avait annoncé.
Jésus le réalise parce qu’il est l’envoyé de Dieu qui apporte la guérison corporelle et spirituelle à son peuple.
C’est ça la revanche de notre Dieu.
