Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 décembre 2020 – 2er dimanche de l’Avent – Marc 1,1-8
Notre histoire est pleine de commencements. La bible en est pleine. Elle s’ouvre sur ces mots : « Au commencement ». Et ça continue dans les lectures d’aujourd’hui. Dans la première lecture, le prophète Isaïe console son peuple en exil en lui annonçant un grand commencement, un nouvel exode. Tout devient possible quand Dieu agit pour nous. Saint Pierre, dans la deuxième lecture, annonce la disparition de l’ancien monde pour faire place à « Un ciel nouveau et une terre nouvelle ». Saint Marc commence son évangile en disant : « Commencement de l’Évangile… »
Oui, notre Dieu est le Dieu qui rend possibles les commencements. Il faut s’en souvenir pendant cette période de pandémie où la vie semble reculer. Il faut s’en souvenir quand nous sommes tristes, quand nous sommes découragés, quand tout semble bloqué. Rappelons-nous que le peuple juif était menacé par Pharaon. Rappelons-nous Abraham et Sara sans enfant, sans avenir, eux qui s’étaient fait promettre une « descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. » Oui, notre Dieu est le créateur de commencements inattendus dans les recoins les plus noirs de nos vies.
Dieu a besoin de nous pour opérer de merveilleux commencements dans nos vies, il ne peut rien faire sans nous. Nous avons besoin de nettoyer nos cœurs pour reconnaître sa présence qui vient y faire du neuf. Jean Baptiste le crie dans le désert pour que nous puissions nous éveiller à ce qui s’en vient.
On pourrait comparer cela avec ce qui se passe au théâtre. Les gens entrent, s’installent à leurs sièges, bavardent, pensent à toute sorte de choses. Soudain : toc, toc, toc, toc ! Quelques coups résonnent pour dire : « Attention, quelque chose va commencer. Ouvrez l’oreille, écoutez, arrêtez de parler et de penser à toute sorte de choses, soyez tout attentifs à ce qui commence. » Jean Baptiste est celui qui vient faire « toc, toc, toc, toc » dans notre vie. Un peu comme s’il nous disait : « Un grand commencement se prépare. Dégagez-vous de ce qui vous accapare trop, rompez avec tout ce qui ne fait que générer du vieillissement dans vos cœurs. Ramassez tout ce qu’i y a en vous de soif et d’attente, car le grand commencement est à nos portes. »
Nous en sommes au deuxième dimanche de l’Avent. Nous vivons un temps liturgique qui nous prépare à ce grand commencement que sera la venue du Christ. Mais en même temps, ce temps nous met en garde contre les « faux commencements », c’est-à-dire les événements ou les comportements qui modifient seulement l’extérieur de nos vies sans apporter de changements significatifs.
Aujourd’hui, l’évangile nous laisse entendre que c’est dans l’Esprit que Jésus vint nous plonger, nous baptiser. Dimanche prochain, il nous dira que l’Esprit nous habite et qu’il ne faut pas l’éteindre en nous. Et le quatrième dimanche, nous verrons que c’est dans la puissance de l’Esprit que s’opère l’incarnation du Fils de Dieu en Marie. L’Esprit est notre maître intérieur. Il met en nous la véritable joie. Il nous donne la force d’opérer des ruptures qui nous rendront plus libres, Il habite notre prière, comme il a habité la Vierge Marie pour que la présence de Dieu nous remplisse.
Préparons la fête du plus grand des commencements : la naissance de Jésus sauveur. Mais pour vivre l’Avent, il nous faut « aller au désert », c’est-à-dire éviter de nous laisser accaparer par toute sorte de choses. Aller au désert, c’est rompre avec ce qui paralyse notre désir le plus profond. Aller au désert, c’est aménager des temps de silence, de méditations, de prières dans notre journée.
Pendant notre eucharistie, rendons grâce pour tous ces commencements qui ont apporté joie et espoir dans nos vies. Demandons à l’Esprit de préparer nos cœurs à accueillir celui dont nous fêterons la naissance à Noël, pour que la fête soit pour nous un merveilleux commencement.
