Mgr J-C. Dufour- 6 avril 2020 – Lundi saint – Isaïe 42,1-7

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 6 avril 2020 – Lundi saint – Isaïe 42,1-7

 

J’ai choisi aujourd’hui de vous parler de la première lecture, un extrait du prophète Isaïe.   Tout au long de cette lecture, c’est Dieu qui parle d’un bout à l’autre :  d’abord il parle de celui qu’il appelle « son serviteur »,  tandis que dans la deuxième partie, il parle directement à son serviteur.  Je m’arrête seulement sur la première partie qui nous réserve une belle surprise.

La  première chose étonnante, c’est que par trois fois, Dieu nous dit que son serviteur vient rétablir le droit :  « aux nations, il  proclamera le droit… il proclamera le droit en vérité.  Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre. »

C’est peut-être là que nous avons le plus de surprises.  « Proclamer le droit »,  ça  veut dire qu’il y a un manque,  que le droit n’existe pas.  On pourrait s’attendre à une condamnation devant ce fait,  mais il est question seulement de douceur et de respect pour tout ce qui est fragile :   «Il ne brisera pas le roseau froissé », «il n’éteindra pas la mèche qui faiblit ».  Devant cette fragilité, le serviteur « ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique. »

Et chaque fois, le mot « droit » est encadré par deux affirmations concernant les nations :  « Aux nations, il proclamera le droit… jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »  On ne peut mieux dire :  la volonté de Dieu est une volonté de salut, de libération pour toutes les nations.

À l’époque du prophète Isaïe, on avait déjà compris deux choses.  D’abord, que le jugement de Dieu n’est pas un verdict de condamnation,  mais une parole de salut, de libération.  Ça rejoint les paroles d’un psaume que nous pouvons utiliser aux funérailles : «  Pour l’honneur de ton nom, Seigneur, fais-moi vivre;   à cause de ta justice, tire-moi de la détresse. »

La deuxième chose qu’on avait compris au temps d’Isaïe,  c’est que  la volonté de salut de Dieu concerne toute l’humanité. «Je fais de toi…la lumière des nations. »

La troisième chose qu’on avait compris au temps d’Isaïe,  c’est que le serviteur est assuré du soutien de Dieu.  « Voici mon serviteur que je soutiens,  mon élu qui a toute ma faveur.  J’ai fait reposer sur lui mon esprit. »  En commençant cette semaine sainte, nous pouvons être assuré que le serviteur, le Christ Jésus,  aura toutes les faveurs de Dieu.

Je trouve que c’est une magnifique lecture qui ouvre notre semaine sainte et qui nous parle de l’œuvre du Christ qu’il vient réaliser au nom de son Père :  « Tu ouvriras  les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »