Mgr J-C. Dufour-5 mai 2019-3e Dimanche de Pâques «C»-Jean 21, 1-19

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 Mai 2019 – 3e Dimanche de Pâques «C»  ( Jean 21, 1-19 )

Liturgie des Heures : 3e Semaine

 

« Jésus est ressuscité ! »
C’est la nouvelle ! La seule qui se propage d’un disciple à l’autre depuis le matin de Pâques.
Le Ressuscité apparaît aux femmes et elles vont l’annoncer aux Apôtres ; il se manifeste à deux disciples en prenant un repas avec eux et ils reprennent le chemin de Jérusalem, en pleine nuit, pour aller l’annoncer aux autres ; il apparaît aux Apôtres et ils cherchent à convaincre Thomas qui n’était pas avec eux.

 

Depuis le matin de Pâques, le ressuscité fait surgir la vie chez ses disciples. Il les entraîne dans sa résurrection. On peut presque dire qu’ils ressuscitent eux aussi, qu’ils passent de la mort à la vie.

 

L’évangile vient de nous dire que Simon-Pierre et quelques autres disciples sont allés à la pêche, qu’ils ont tendu leurs filets toute la nuit sans rien prendre. Ils reviennent bredouilles. Aucun poisson dans leurs filets. Ils n’ont rien à offrir à cet inconnu qui les attend sur le rivage.

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Celui à qui Jésus avait dit « Je ferai de toi un pêcheur d’hommes », c’est lui qui a besoin d’être repêché. La dernière fois qu’il avait vu Jésus ou plutôt que Jésus l’avait regardé, il venait d’affirmer par trois fois qu’il ne connaissait pas cet homme. Il était sorti en pleurant amèrement parce que comme Adam, il s’était détourné de celui qui est l’arbre de vie, de Jésus qui est la Vérité et la Vie.

 

Apprenant que l’inconnu sur le rivage, c’était Jésus, Pierre : « passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau », une allusion évidente à Adam et Ève qui avaient découvert leur nudité après leur péché. Dans sa misère de pécheur, Pierre est dépouillé ; il ne lui reste aucune dignité. Pour renouer les liens avec celui qu’avait renié, il n’avait rien à offrir, sinon les remords d’une trahison.

 

On se rappelle qu’un jour, alors qu’il marchait sur l’eau à la rencontre de Jésus, il s’était enfoncé dans les eaux qui sont un symbole de mort. Jésus l’avait repêché et l’avait fait remonter dans la barque. Ce matin, c’est dans le pardon qu’il lui accorde que Jésus ressuscite Pierre puisqu’il lui offre de remplacer les trois « Je ne connais pas cet homme », par trois « Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » C’est un nouveau départ pour Pierre, une vie nouvelle qui commence.

 

Ce que j’ai dit de Pierre vaut aussi pour les autres Apôtres. La première lecture nous faisait voir tout un changement. On sait comment ils avaient peur, comment ils verrouillaient les portes, et les voilà qui sortent tout joyeux après avoir affronté le grand conseil, pour « avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. »

 

Aujourd’hui, avec « la multitude qui entoure le Trône » comme nous disait saint Jean dans l’Apocalypse, rendons grâce pour toutes les résurrections : celle de Jésus, le premier né d’entre les morts, celle de Pierre et des autres disciples qui retrouvent la vie et la nôtre.

 

Pendant notre journée, prenons le temps de repasser notre vie et de la relire à la lumière de l’Évangile, de revoir intérieurement tous ces passages, ces Pâques, ces gestes du Christ qui nous ont permis de nous relever, de renouer avec Jésus, de vivre des pardons intenses, des joies profondes ; ou encore de revoir ces gestes du Christ accomplis à travers nous pour en relever d’autres et les faire remonter dans la barque de Pierre.
Je suis sûr qu’une toute petite méditation sur ces Pâques vécues, ces résurrections expérimentées nous permettraient de faire nôtre la parole du Psaume : « Je t’exalte, Seigneur, tu m’as relevé. »

 

Aujourd’hui, comme Pierre, osons dire à Jésus : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Tu sais bien que je te fais confiance !
Tu sais bien que tu m’as pris par le cœur !
Tu sais bien que j’espère toujours en toi !
Tu sais bien que je t’aime parce que tu es la lumière du monde, que tu es le chemin de la vie !
Tu sais bien que je t’aime parce que toi, tu n’as jamais cessé de m’aimer.

 

En descendant à terre, les apôtres voient un feu de braise avec du poisson posé dessus et du pain. Jésus disait à ses disciples : « Venez manger », le repas est prêt. « Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne, et de même pour le poisson » comme lors de la multiplication des pains.
Ce matin, le Seigneur a préparé la table pour nous; le repas est prêt, il s’approche pour nous servir le pain de vie et la coupe du salut, son Corps et son Sang de ressuscité.
Comment ne pas faire nôtres les mots du psalmiste :

« Que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête, pour toi ;
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce »