Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 5 février 2024 – Marc 6, 53-56
« Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. »
Je me suis toujours questionné sur cette frange. J’ai lu que c’était un cordon bleu ou une pièce de tissue qu’on mettait au bord du vêtement pour se rappeler des promesses de Dieu et pour aider les autres à s’en rappeler.
On se souvient de cette femme qui, dans une grande foule, prenait le risque de toucher Jésus sans qu’il s’en compte.
Mais Jésus avait dit : « Qui m’a touché ? »
Alors la femme toute craintive, se jette à ses pieds et lui dit la vérité.
Jésus n’exprime ni colère, ni désaveu, au contraire, il dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Il y a quelque chose de très surprenant dans cet évangile.
Jésus ne fait rien; il passe, et sa seule présence est source de salut.
Les gens l’ont compris. Ils se mettent en route. Ils parcourent toute la région, transportent des malades, les conduisent à Jésus pour qu’ils puissent toucher au moins la frange de son manteau.
Ils ont compris ! Jésus n’attend que cela ; il attend que nous le touchions.
Jésus, on le sait, il est Dieu fait homme, Dieu qui a pris chair dans la Vierge Marie.
Ça veut dire qu’en Jésus, Dieu se laisse vraiment toucher, Dieu se laisse toucher par les rejetés, les condamnés, les impurs, les indignes, les intouchables. Il se fait proche et les guérit tous. « Tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés. »
Des fois, nous avons besoin de toucher, de nous accrocher à quelque chose parce que nous sommes fragiles. Nous avons besoin de nous rassurer, de nous appuyer, de sentir que nous sommes proches physiquement.
Et Jésus se laisse faire. Le salut est un don que Dieu donne à qui s’ouvre à lui dans la foi.
Il peut arriver qu’on ne se sente pas digne, pas assez pur pour nous approcher de Jésus.
Nous pensons qu’il faut être très bien, presque parfait.
Alors on se trompe sur nous-mêmes et sur Dieu.
Courons vers Jésus pour le toucher, tels que nous sommes et lui dire :
« Seigneur, toi seul me rends digne de t’approcher, de te recevoir.
Je ne suis pas digne de te recevoir;
mais dis seulement une parole, et je serai guéri. »
