Mgr J-C. Dufour- 5 février 2020 – Ste Agathe – Marc 6,1-6

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 février 2020 – Ste Agathe – Marc 6,1-6

 

L’évènement qui nous est raconté dans l’évangile d’aujourd’hui est somme toute assez ordinaire.   Le fils du village qui avait réussi à se faire connaître dans tout le pays revient chez lui.   Il n’y a rien de plus normal !

Mais après la renommée que Jésus s’était faite à travers le pays, on aura pu s’attendre à ce que l’accueil soit plus sympathique.   Il y a quelque chose qui ne va pas bien ! Il n’y a pas de communication ! C’est un rendez-vous manqué!  Le fils du pays revient chez lui et les gens de son village le regardent de travers : ils pensent qu’il cherche à impressionner, que c’est un faiseur de miracles, quelqu’un qui se prend pour quelqu’un d’autre.

Nous connaissons tous des situations semblables, des incompréhensions. Combien de jeunes, par exemple, ne se sentent pas compris de leurs parents ! Combien de personnes âgées se sentent abandonnées et ne savent plus quoi faire ?   Combien de couples vivent des relations difficiles parce qu’ils ont oublié de se parler ? C’est ce que Jésus a vécu ce jour-là dans son village à Nazareth.   On dirait qu’il n’y a pas de rencontre, que ça ne marche pas de telle sorte que Jésus est réduit à l’impuissance.   Aussi, il ne fait aucun miracle dans son village ; il s’en va et laisse ses concitoyens sans s’imposer.

Il me semble qu’il y a là un message à retenir de cette visite de Jésus dans son village.   Aujourd’hui Jésus continue de venir vers nous, mais il ne s’impose pas. Il ne force la main à personne comme il est écrit dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »  (Ap. 3, 20). Autrement dit, ce que Jésus attend de nous, c’est un accueil, une ouverture du cœur. Ce qu’il regarde en premier dans la personne, c’est le cœur.

Malheureusement, parfois quand le Seigneur passe chez nous, les portes se referment comme à Nazareth. On se trouve toutes sortes de raison pour ne pas croire au salut de Dieu, à sa tendresse, à sa miséricorde et à son amour.   On ressemble alors aux gens de Nazareth qui cachent leur incrédulité, leur manque de foi derrière toutes sortes de prétextes : « On connaît ses parents, Joseph et Marie, la boutique où il a travaillé avec son père. » « Il n’est pas mieux que nous autres. » « pour qui se prend-il ? ».

Alors, ce matin, demandons au Seigneur aujourd’hui de venir faire tomber nos prétextes, nos paravents et nos incompréhensions pour que nous lui ouvrions la porte de notre cœur dans cette messe, ce repas eucharistique où il est présent parmi nous dans son Corps et son Sang.   Ce que Jésus attend toujours de nous, c’est seulement que nous ayons un cœur ouvert.