Mgr J-C. Dufour 5 décembre 2025 – Matthieu 9, 27-31

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 décembre 2025 – Matthieu 9, 27-31

 

Jésus vient tout jusque de guérir une petite fille. Saint Matthieu nous dit : « Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région. »

Une fois en chemin pour retourner à la maison, deux aveugles le suivent en criant « Aie pitié de nous, fils de David ! » Ce que Jésus venait de faire pour la petite, il le ferait bien pour eux. C’était la prière de la dernière chance pour eux. Ils suivaient Jésus dans le noir et en trébuchant sans doute, se faisant conduire par d’autres probablement. Finalement, ils ont rejoint Jésus à la maison. C’était ce jour-là ou jamais. « Aie pitié de nous, fils de David !» C’est étonnant de voir les deux aveugles appeler Jésus « Fils de David ». Pour les Juifs, le «Fils de David », c’est le Christ, le Messie. Ces deux aveugles ont peut-être été témoins de la puissance de guérison de Jésus qui vient de Dieu.

On reconnaît là la vision prophétique d’Isaïe dans la première lecture. « les sourds en ce jour-là entendront les paroles du livre. Quant aux aveugles, sortent de l’obscurité et des ténèbres, leurs yeux verront. Les humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, les malheureux exulteront en Dieu, le Saint d’Israël. » Pour le prophète, tout ça va se réaliser avec l’arrivée du Messie. Celui qui vient fera des prodiges pour bien montrer qu’il est le Messie, parce qu’on ne peut pas être le Messie si on n’est pas sauveur ou libérateur.

C’est ce que fait Jésus. Il agit pour qu’on puisse bien l’identifier comme Messie. On le voit à plusieurs reprises dans l’évangile, Jésus libère trois sortes de personnes qui ont besoin d’être libérées de leur captivité : les aveugles, les sourds et les boiteux. Pour les gens à l’époque, ces gestes étaient reliés au Messie.

Pourtant, en même temps qu’il pose ces gestes, Jésus demande aux deux aveugles de se taire. Il ne veut pas qu’on voie en lui un Messie guerrier, un Messie qui vient pour remporter une victoire et régner.

Il était normal de donner au Messie le nom de Jésus. On se souvient des paroles de l’Ange à Joseph : « elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,21) Jésus vient pour sauver, pour libérer, mais il ne le fera pas par la force, mais dans l’humilité et la souffrance. Il veut venir en Agneau pour être immolé en faveur de tous. Ensuite, il manifestera son salut en tant que roi et vainqueur.

Les deux aveugles avaient exprimé leur foi dans le « Fils de David », ils ont été guéris. Leurs yeux s’ouvrirent à cause de leur foi. « Une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région. »

Ces deux aveugles viennent nous apprendre que ce n’est pas la lumière qui force la foi,
mais notre foi qui laisse entrer la lumière.