Mgr J-C. Dufour – 5 avril 2024 – Vendredi octave de Pâques – Jean 21, 1-14

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 avril 2024 – Vendredi octave de Pâques – Jean 21, 1-14

 

Il y a comme trois moments dans cet évangile.

Dans le premier moment,
saint Jean nous présente un groupe de sept disciples, Pierre, Thomas, Nathanael, Jacques et Jean, et deux autres de ses disciples, peut-être nous, des disciples pas encore tout à fait ressuscités.  Sur l’invitation de Pierre, ils décident de s’en retourner, pendant la nuit, à leurs anciennes affaires de pêche.  Pourtant, au début de l’évangile, ils avaient tout quitté pour suivre Jésus qui leur avait dit « Venez et vous verrez ».  Ils s’en retournent tristement vers le passé qu’ils avaient avant.

C’est curieux.  On dirait qu’ils ont oublié les trois années passées avec Jésus, des années d’amitié.  On dirait qu’ils ont oublié la première apparition de Jésus ressuscité, le soir du premier jour de la semaine. (Jean 20,19)  Ils n’ont vraiment rien compris à cette nouvelle présence de Jésus.  C’est pourtant la troisième fois que Jésus leur apparaît !

Arrive le deuxième moment.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage.  Alors, il y a comme un dialogue qui renait entre le rabbi et ses disciples.  Toutes les interventions de Jésus sont si simples.

« Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »;
« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »;
« Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »;
« Venez manger
. »

On dirait que le ressuscité veut habiter notre quotidien, notre vie de tous les jours, en profondeur.

 

Enfin le troisième moment.
Je m’en voudrais de ne pas dire un petit mot sur la fin de l’évangile : un vrai moment de lumière et de paix intérieure.  Ça avait commencé par un cri lancé par le disciple bien-aimé : « C’est le Seigneur ! », suivi d’une pêche miraculeuse.  Ensuite, Jésus dit à ses disciples : « Venez manger ».  C’est lui qui s’approche, prend le pain et leur donne et de même pour le poisson,  un repas partagé comme une eucharistie  au cours duquel leurs yeux s’ouvrent enfin.

Il y eut un long silence, sans se poser de question : « Ils savaient que c’était le Seigneur. »  Dieu était là et ça suffisait.  Deux présences qui se reconnaissent comme quand vous êtes en adoration : Dieu est là, je suis là, nous sommes ensemble.  C’est tout.