Mgr J-C. Dufour- 5 avril 2020 — dimanche des Rameaux — Jean 11,1-45

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 5 avril 2020 — dimanche des Rameaux — Jean 11,1-45

 

C’est tout un évangile que nous venons d’entendre : on voit bien que la mort de Jésus est le résultat de deux dynamismes contradic­toires : celui des hommes prisonniers de leurs péchés et celui d’un Dieu qui veut les libérer.

Il y a trois sortes d’hommes enfermés dans leur péché. Qui sont-ils ?

  • Il y a tous ceux qui refusent carrément Jésus, qui ont planifié de longue date son arrestation, qui organisent sa défaite, qui sont aveuglés par la haine, qui, malheureusement, trahissent la Parole de Dieu qu’ils prétendaient pourtant défendre.
  • Puis, il y a tous ceux qui sont entraînés par la peur : c’est le cas de Pilate et de la foule, comme de plusieurs hommes encore aujourd’hui.
  • Enfin, il y a les Apôtres qui, malgré leur attachement à Jésus, finissent par l’abandonner et le renier, comme c’est encore le cas.

 

À la lecture de l’Évangile, on voit bien que la logique du péché fonctionne comme une machine bien rodée. Il y a comme quelque chose d’implacable dans ce récit de la Passion : tout conduit à la défaite de Jésus, à sa mort sur une croix.

 

Profitons de ce temps de grâce qui nous est donné pour nous réconcilier avec le Seigneur, parce que, à un moment ou l’autre, nous avons refusé la Parole du Seigneur, ou parce que nous avons agi par peur, ou encore parce que nous l’avons abandonné ou renié comme ces hommes que nous présentait l’Évangile d’aujourd’hui.

 

Toujours en lisant l’évangile, nous avons été en mesure, comme ce sera le cas durant toute la semaine sainte de voir toute la grandeur, la puissance du projet, du dessein de Dieu.

 

Broyé par la souffrance, Jésus continue de répondre à sa vocation de Fils, d’enfant de Dieu : jamais il ne consent au mal. Alors qu’il est abandonné de tous, il reprend les paroles du psaume 21 qui commence par un cri de désespoir « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps 21, 02) pour se terminer par un cri de confiance dans la bonté et la justice de Dieu. « Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô, ma force, viens vite à mon aide ! » (Ps 21,20)… Tu seras ma louange dans la grande assemblée ; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses. » (Ps 21,26) C’est déjà la certitude que la foi est plus forte que la mort, c’est le triomphe de l’Amour. On a toujours besoin de réentendre la grandeur du dessein de Dieu, la puissance de l’Amour, la force de la foi révélée en Jésus.

 

En ce dimanche des Rameaux, nous célébrons d’abord le triomphe de Jésus par son entrée à Jérusalem et ensuite sa Passion. Et dans les jours qui suivent, nous vivrons le contraire, nous vivrons d’abord la Passion de Jésus suivie du triomphe de Pâques, de la victoire de Jésus. La mort et résurrection de Jésus sont le cœur de notre foi ; ils sont la source de notre espérance.

 

Les Rameaux sont signe de la victoire de Jésus, du dessein d’Amour de Dieu révélé en Jésus. Puissent-ils nous rappeler qu’à travers nos souffrances et nos morts, Jésus a ouvert un chemin qui nous conduit à la vie en plénitude, au Royaume du Père.