Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 octobre 2022 -Saint François d’Assise – Luc 10, 38-42
« Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut. Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service ».
La tradition a vu en Marthe le symbole de la vie active, et en Marie, le symbole de la vie contemplative. Marie était assise aux pieds du Seigneur, comme on le fait aujourd’hui encore en Orient. Elle se réjouissait sans doute d’avoir le Seigneur pour elle toute seule; elle pouvait écouter en silence des paroles de vie éternelle. Il n’est pas difficile d’imaginer le ton de Marthe, en passant devant eux, et dire à Jésus de manière à ce que sa sœur entende : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider ».
Pourtant, le thème le plus important de cet évangile, il me semble, est celui de l’amitié. Saint Jean nous dit dans son évangile :
« Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare », lit-on dans l’Évangile. (Jn 11, 5)
Et lorsqu’on lui apprend la mort de Lazare, il dit à ses disciples : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil » (Jn 11, 11).
« Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé…alors Jésus se mit à pleurer. »
Et les personnes présentes de déclarer « Voyez comme il l’aimait ! » (Jn 11, 36).
C’est si beau et si réconfortant de savoir que Jésus a connu et cultivé ce sentiment d’amitié si beau et si précieux pour nous les hommes.
En parlant du temps, Saint Augustin disait : « je sais ce qu’est le temps, mais si quelqu’un me demande de le lui expliquer, je ne sais plus. »
Je pense qu’on peut dire la même chose au sujet de l’amitié. On sait ce qu’elle est, mais de l’expliquer avec des mots, c’est une autre affaire.
L’amitié, c’est avoir les mêmes goûts, les mêmes idéaux, les mêmes intérêts. L’amitié exige de la réciprocité, c’est-à-dire que l’autre répond à notre amour. Il s’agit d’un attrait réciproque et d’une entente profonde entre deux personnes, si bien que les anciens disaient que l’amitié, c’est d’avoir une seule âme dans deux corps.
En parlant de la mort de Lazare, Jésus ne dit pas
« Lazare, mon ami, s’est endormi », mais « Lazare, notre ami, s’est endormi ».
Il y a un principe qui dit : « Les amis de mes amis sont aussi mes amis ». Dans ce sens, on peut dire que Lazare et ses sœurs étaient devenus également des amis des apôtres.
On peut le dire aussi de celui que nous fêtons aujourd’hui, saint François d’Assise et sainte Claire. François est le frère et le père de toutes les sœurs;
Claire est la sœur et la mère de tous les frères.
Imaginez les conséquences de tout cela dans une vie communautaire !
