Mgr J-C Dufour-4 octobre 2018-Saint François d’Assise-Job 19, 21-27

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 octobre 2018 – Saint François d’Assise

( Job 19, 21-27 )

 

Il faut que je vous dise que j’ai toujours eu un petit faible pour cet extrait du livre de Job.
Pour moi, c’est une des plus belles pages de toute la bible, surtout la petite phrase où Job déclare :
« si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. »

 

Job est un homme juste, intègre et droit qui respecte Dieu et fait le bien. Toute la vie lui souriait : une belle et grande famille, des richesses, de grands troupeaux. Malheureusement, à un moment donné, il perd les membres de sa famille et tous ses biens, ce qui entraîne l’hostilité et le mépris de ses amis.

 

Hier, dans la prière sur les offrandes, on demandait au Seigneur de détruire dans notre cœur les germes de révolté.
Rien de tout ça chez Job. Même s’il voit en Dieu la source de ses malheurs, il se tourne vers lui et lui exprime une très belle profession de foi. Il sait que son rédempteur est vivant et qu’il l’attend au bout de ses peines. Aussi, il pourra se présenter fièrement devant son Dieu. Il le verra en personne, face à face, de ses propres yeux. Il va jusqu’à dire : « Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. » C’est tellement profond que Job sent son cœur défaillir.
C’est l’aspiration profonde de nos âmes.

 

Comme Job, saint François d’Assise passe d’une vie de riche à une vie de pauvre.
Contrairement à Job, c’était par choix. Il a vécu à une époque où de grands écarts étaient maintenus entre les puissants et le reste de la population. Vivant au cœur d’une famille aisée, François rompt avec elle. Séduit par l’Évangile, il y découvre le sens de sa vie et se laisse habiter par la Parole, prêchant à qui veut l’entendre que « Dieu est amour. »
Chez François on trouve la même foi que Job.

 

La paix et la justice, le souci des pauvres et des petits n’ont jamais vraiment compté parmi les réussites humaines. Sans moyen, avec le cœur sur a main, le pauvre d’Assise a montré que le règne de Dieu est bien réel. On en voit des traces dans son Testament écrit en 1226. Je vous lis le début :

« 1 Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable.

2 Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux; je les soignai de tout mon cœur; 

3 et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde. 

4 Et le Seigneur me donna une grande foi aux églises, foi que j’exprimais par la formule de prière toute simple :

5 Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ, dans toutes tes églises du monde entier, et nous te bénissons d’avoir racheté le monde par ta sainte Croix. 

6 Ensuite, le Seigneur m’a donné et me donne encore, à cause de leur caractère sacerdotal, une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la règle de la sainte église romaine, que, même s’ils me persécutaient, c’est à eux malgré tout que je veux avoir recours. »

 

Je pense que les mots de Job qui déclare :
«De ma chair, je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger »
s’appliquent très bien à saint François d’Assise que nous fêtons aujourd’hui