Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 mars 2024 – Luc 4, 24-30
Jésus nous raconte qu’au temps du prophète Élie, il n’y eut aucune pluie et qu’une grande famine se produisit sur la terre, pendant trois ans. Le prophète Élie fut envoyé dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Elle n’a qu’un fils et se dit prête à mourir en raison de la famine.
Ensuite Jésus rappelle l’histoire du prophète Élisée. En son temps, il y avait un général syrien, un ennemi d’Israël, qui est atteint de la lèpre. Son armée avait capturé une petite Israélite qu’il avait donné à son épouse. La petite captive lui dit qu’en Israël, il y avait un prophète qui pouvait le guérir. Le général se met en route dans l’espoir d’être guéri. Après de multiples épreuves et après avoir fait l’épreuve de l’humilité, Naaman est guéri. Il reconnaît que le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu sur la terre.
Ces deux événements que nous raconte Jésus sont surprenants. Il nous fait voir que les choix de Dieu sont étonnants et déconcertants : deux païens, une pauvre veuve et un général ennemi d’Israël.
Vraiment, l’Esprit du Seigneur agit hors frontière, hors norme. Les gens de Nazareth sont fâchés, ils veulent précipiter Jésus en bas d’un escarpement, mais il y a vraiment de quoi nous émerveiller et nous laisser illuminer par la liberté de Dieu.
Cet évangile nous annonce une nouvelle de la plus haute importance : pour Dieu, il n’y a pas de frontière, pas d’exclus. Le salut de Dieu est offert à tous, même à ceux qui sont loin de lui, à l’univers entier. Nous avons à témoigner de cette nouvelle tout au long de notre vie.
Jésus, en rappelant aux siens que le prophète Élie est intervenu auprès d’une veuve étrangère et d’un général Syrien veut leur faire comprendre et nous faire comprendre que sa Parole est pour tout le monde, pour tous ceux et celles qui veulent bien l’accueillir, qu’ils soient juifs ou païens.
Il y a quelque chose qui fait penser à l’Eucharistie dans cet évangile.
La pauvre veuve a fait tout ce que le prophète lui demandait, et Dieu, par la voix du prophète, lui a octroyé du pain en abondance. Parce qu’elle a fait pénétrer la Parole de Dieu dans son cœur, ça a changé sa vie misérable en un vie d’abondance.
Comme cette pauvre veuve qui s’est fait accueillante, profitons de cette eucharistie pour manifester de l’hospitalité à notre Dieu en lui faisant comprendre que nous avons du temps pour lui.
