Mgr J-C. Dufour – 4 mars 2021 – Luc16, 19-31

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 mars 2021 – Luc 16, 19-31

 

Dans la première lecture, le prophète Jérémie décrit deux sortes d’hommes, l’homme qui met sa foi dans un mortel et l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. Ça nous prépare un peu à la lecture de l’évangile où Jésus lui aussi décrit deux hommes qui ressemblent beaucoup à ceux décrit par Jérémie : un homme riche et un pauvre nommé Lazare.

 

On peut penser au départ que le riche est puni parce qu’il est riche et le pauvre récompensé parce qu’il est pauvre. Oui, il s’agit d’un riche, mais d’un riche qui ne s’occupe ni de Dieu ni des hommes. À l’inverse Dieu récompense la piété et la confiance du pauvre. C’est d’ailleurs pourquoi Jésus lui donne un nom qui est tout un programme : Lazare, « Dieu est venu en aide ».

 

On voit bien que, dans la pensée de Jésus, c’est la mort qui vient éclairer toute la vie d’un croyant.
Qu’on ait vécu dans le lin fin et la pourpre, ou couvert d’ulcères et mendiant à la porte des autres, on comprend qu’après la mort les choses prennent leur vraie valeur, on découvre toutes les fidélités d’une existence.
Au fond, Jésus nous fait comprendre que c’est avant la mort qu’il faut se convertir, c’est avant la mort qu’il faut choisir.

 

Pendant la vie, on peut se faire une mauvaise illusion. Lazare meurt dans l’oubli général ; le riche meurt à son tour et toute la ville est là pour le porter en terre.
Mais c’est dans l’au-delà que tout change, dans cet au-delà qui est le domaine de Dieu. C’est dans cet au-delà que Dieu lui-même se réserve le droit d’apprécier la qualité de vie et celle du cœur des hommes.

 

Le riche de la parabole s’est aveuglé à longueur de vie. Il n’a pas vu le besoin qu’il avait de Dieu et de son pardon ; il n’a pas vu Lazare qui guettait, non seulement les miettes qui tombaient de la nappe, mais ces morceaux de mie de pain dont on se servait dans les maisons très riches, pour s’essuyer les doigts, et qu’on jetait sous la table. Pendant tout le temps de sa vie, il pouvait faire quelque chose pour le pauvre Lazare.

 

Comme je le disais tantôt, Jésus, dans cette parabole, nous fait comprendre qu’il faut se convertir avant la mort. Après ce sera trop tard.   Ce qui change notre vie, c’est la décision d’accueillir la parole de son Envoyé.

 

Si nous sommes réunis ce matin, c’est parce que nous croyons que le Christ nous ouvre la porte de la conversion, que son Évangile peut encore donner un sens à notre vie.
Si nous sommes réunis dans la prière, c’est parce que nous mettons ensemble notre espérance dans le même Seigneur, c’est pour nous ouvrir ensemble à la vie qu’il nous apporte, c’est pour qu’il nous rappelle avec force son message de solidarité.