Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 4 juin 2020 – 2 Timothée 2,8-15
Dès le début de la première lecture, Saint Paul dit à Timothée « Souviens-toi. » C’est un mot qui revient souvent dans la bible. Saint Luc invite les siens à faire mémoire de l’alliance sainte, à faire mémoire du dernier repas de Jésus. Saint Paul dira aux Philippiens : « Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous. » (Ph 1,3) Saint Pierre dira « Je fais appel à votre mémoire afin de réveiller en vous une intelligence claire », je veux que vous vous souveniez des paroles dites par notre Seigneur.
« Souviens-toi… » Garder mémoire de tout ce que Dieu a fait. Se souvenir, c’est se mettre en état de méditation comme Marie qui gardait dans son cœur tous ces événements. Se souvenir des bienfaits de Dieu n’est pas seulement un passé mais bien plus un présent et un avenir.
Cette parole « Souviens-toi », il nous arrive de la chanter : « Souviens-toi de Jésus-Christ, ressuscité d’entre les morts. C’est lui notre salut, notre gloire éternelle. » Dans le combat de saint Paul, de Timothée, dans notre combat à nous, il y a un point fort : Jésus, Dieu et homme, descendant de David, le Messie ressuscité. C’est le souvenir qu’on se doit de garder. C’est le cœur de l’évangile, une Bonne Nouvelle pour notre vie. Paul et Timothée sont critiqués à cause de leur foi, ils auront même à souffrir.
Au moment où il écrit cette lettre, Paul est en prison à Rome. Il supporte tout pour sa foi. Mais, nous dit-il, il n’y a pas de prison pour la Parole de Dieu, pas de chaînes pour elle. Plus encore, il rejoint les mots du chant : « C’est lui notre salut, notre gloire éternelle. » Oui, Paul souffre pour le salut. « Si nous souffrons avec lui, avec lui nous règnerons », c’est un Parole digne de foi, nous dit-il, c’est notre credo.
« Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même. » Nous pouvons trouver cette phrase dure, mais elle ne fait que souligner notre liberté face aux appels de Dieu. Notre Dieu « ne peut se rejeter lui-même », il est fidèle. S’il nous arrive de nous éloigner de lui, lui Jésus, ne reste jamais bien loin, il est toujours dans les parages de nos existences. Oui, on peut chanter : « En lui sont nos peines, en lui sont nos joies. En lui l’espérance,
en lui notre amour. »
