Mgr J-C. Dufour – 4 janvier 2023 – Jean 1,   35, 42

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 janvier 2023 – Jean 1,   35, 42

 

« Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, Jésus dit « Voici l’Agneau de Dieu ».

C’est plutôt étonnant que Jean Baptiste désigne son cousin, Jésus, qui vient vers lui, comme un agneau.  André et l’autre disciple qui était avec lui étaient surpris eux aussi;  ils se mettent à suivre Jésus, ils ont vu où il demeurait et ils restèrent avec lui pour le reste de la journée.
Qu’est-ce qu’ils ont vu derrière cette image de l’Agneau de Dieu.

Ils pensaient peut-être à Abraham,  au moment où Dieu lui demande  de sacrifier son fils unique, celui qu’il aime.  À un moment donné, le fils dit à son père : nous avons le feu et le couteau, mais où est l’agneau pour l’holocauste.  Abraham lui répondit :  « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste ». (Gn 22,7- 8)

On pourrait bien penser aussi à l’Agneau pascal, celui qu’on consommait chaque année à l’occasion du repas pascal, souvenir de la libération d’Égypte,  symbole de la rédemption d’Israël.  On devait le consommer la ceinture aux reins, les sandales aux pieds et le bâton à la main, prêts à partir pour la terre promise. (Ex 12,11)

On pourrait penser encore au Serviteur souffrant que nous présente le prophète Isaïe, et dont nous faisons la lecture le vendredi saint :  «  Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.  Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. »

Saint Jean qui a écrit son évangile et l’Apocalypse longtemps après la mort de Jésus a sans vu la rencontre de Jean Baptiste avec Jésus à la lumière de Pâques.  Ce Jésus serviteur, c’est bien le même qui s’offrira à Pâques comme l’Agneau en victime pour les péchés du monde et se lèvera, vainqueur du mal et de la mort, au matin de Pâques, entraînant avec Lui tous ceux qui veulent vivre comme lui.

Nous célébrons, ce matin, une messe pour le pape émérite Benoît XVI.
Il  y aurait beaucoup à dire sur lui.  Pour ma part, je retiens deux petites phrases,  une au début de son pontificat, et l’autre à la fin de sa vie.
En commençant son pontificat, il a choisi une devise qui était celle-ci :  «  Nous devons servir de cette manière, et être coopérateurs de la vérité. »
Ça traduit bien ce qu’il a voulu être comme pape, et il a réussi.

Le deuxième est la dernière phrase de son testament spirituel où il dit :  « Enfin, je demande humblement : priez pour moi, afin que, malgré mes péchés et déficiences, le Seigneur m’accueille dans sa demeure éternelle. Que tous ceux qui m’ont été confiés soient assurés jour après jour de l’élan de prière jaillissant de mon cœur. »

« Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau. »
Ces mots utilisés par  Jean-Baptiste,  Benoît XVI les a médités et priés souvent.
Ces mots, nous sommes invités, à notre tour, à les méditer et à les prier au moment de chanter l’Agneau de Dieu et au moment de vous donner la communion.

 

Toutes ces images de l’Agneau nous redisent à quel point nous sommes aimés,
sauvés par Celui qui, comme un agneau,
a donné sa vie et qui nous invite à le suivre pour devenir,
communions après communions,
de vraies filles et fils de Dieu.